Le plus grand salon du vélo au monde, Eurobike, s’est tenu la semaine dernière à Francfort. Voici les tendances et les nouveautés détectées par Guide Vélo.
Malgré un marché européen du vélo encore en convalescence, les nouveautés sont timides mais au rendez-vous à Eurobike 2024. Si les vélos électriques restent incontournables, la conception centrée sur l’utilisateur est plus forte que jamais, tout comme le développement durable de la filière. L’équipe de Guide Vélo revient tout juste de Francfort et dresse son bilan des tendances et des nouveautés observées dans les allées du plus grand salon vélo au monde.
Le vélo électrique est toujours incontournable
D’après les derniers chiffres présentés la semaine dernière par l’industrie du vélo, c’est l’électrique qui a connu la plus forte baisse sur le marché en 2023. Pourtant, il est encore sous les feux des projecteurs cette année à Francfort.

L’an passé, deux innovations majeures étaient présentées à Eurobike : le Bosch Performance Line SX et le Pinion Motor Gearbox Unit. Cette année, les deux fabricants allemands se sont fait voler la vedette par un nouveau venu. DJI, le fabricant chinois de drones, de caméras et stabilisateurs, débarque sur le marché du vélo électrique avec Avinox Drive System, un système électrique complet aux valeurs impressionnantes sur le papier : un poids de 2,5 kg seulement, un couple jusqu’à 120 Nm, une charge très rapide, un système d’embrayage continu, une commande via écran tactile… De quoi bousculer un peu le marché ?
Du côté des Allemands, on a pu apercevoir le nouveau moteur Pinion MGU, avec sa boîte de vitesse automatique intégrée, dans un étonnant VTT électrique tout-suspendu et zébré de Moustache Bikes. Ce prototype porte pour le moment le doux nom de Project Box 46 et devrait arriver sur le marché au printemps 2025.
Après le succès de sa trottinette à énergie solaire présentée l’année dernière, AGAO présente cette fois-ci un vélo électrique à énergie solaire. Ce dernier est équipé de panneaux solaires avancés capables de générer de l’énergie même par faible luminosité, ce qui permet d’optimiser le stockage et la distribution d’énergie.
Le CS90 Allroad de Ca Go est une autre nouveauté intéressante. Ce vélo cargo peut transporter jusqu’à 75 kilos tout en restant compact et facile à manœuvrer avec ses deux mètres de longueur. Le modèle de test était particulièrement prisé à l’extérieur.

Enfin, après l’annonce toute récente de sa sortie, nous avions hâte de voir le premier gravel électrique de Ducati, le Futa All-Road. Si nous n’avons malheureusement pas pu le tester, ce gravel porte clairement l’ADN de la firme de Bologne avec une ligne sportive et une finition soignée.
L’utilisateur au coeur de la conception du vélo et des accessoires

À Eurobike 2024, nous avons trouvé que de nombreux fabricants placent clairement l’utilisateur au centre de leurs innovations. Nous avons notamment eu l’occasion de rencontrer les Français de Bastille et leur vélo pliant, un véritable coup de cœur ! Pensé pour les vélotafeurs qui doivent transporter leur vélo dans le train ou le ranger dans leur appartement ou leur bureau, ce vélo se plie et se déplie en moins de 30 secondes. Surtout, ce qui nous a bluffé lors du test sur circuit, c’est qu’il s’agit d’un vrai vélo, particulièrement agréable à rouler. Il sera commercialisé fin d’année. Vous devriez en entendre beaucoup parler…

Les Belges de Bemoov ont également attiré notre attention avec leur gamme de vélos entièrement dédiée aux enfants. Contrairement aux vélos traditionnels, ces modèles ne sont pas des versions réduites pour adultes, mais de véritables vélos pensés pour l’apprentissage et la sécurité des enfants. Ils sont solides, légers, ergonomiques et incluent même un modèle gravel ! J’essaie déjà de convaincre ma fille de 10 ans de m’accompagner pour un essai.
Toujours pour les enfants, les Allemands de Puky ont présenté le LS Pro 16 Flowmatic, un vélo enfant équipé de 2 vitesses automatiques, facilitant ainsi les premières expériences de cyclisme.

Du côté des accessoires, le fabricant italien Q36.5 se distingue avec une gamme de vêtements cyclistes basés sur la température idéale du corps humain pendant l’effort : 36,5 °C (d’où le nom). Ces vêtements, réalisés à partir de pellicules de café, sont conçus pour dissiper ou retenir la chaleur en fonction des différentes parties du corps (body mapping).
Chez Tuurtl, nous avons découvert des vêtements de pluie protecteurs pour cyclistes, parfaits pour rester au sec tout en maîtrisant son look. Idée similaire avec la marque anglaise de chaussures de vélo Quoc qui propose une gamme très élégante de chaussures vélo, avec fixation de cale pour pédales automatiques, qui donne envie de pédaler autant que de marcher.

Quant à Camelbak, ils ont présenté leur gamme de bidons Podium, dotée d’un système d’ouverture et de fermeture de valve breveté, intuitif et ergonomique. Certains bidons isothermes gardent l’eau fraîche deux fois plus longtemps qu’un bidon classique… ou chaude pour les sorties hivernales avec une petite tisane. D’autres ont même été sortis en format mini.
Enfin, AtaraxyBSC était présente avec une selle révolutionnaire qui suit le mouvement du fessier. Malheureusement, leur stand était vide lors de notre passage, et nous n’avons pas pu tester cette innovation. Ce sera pour une prochaine fois !
Le cyclisme éco-responsable poursuit sa route
Alors que les fabricants et fournisseurs asiatiques étaient légion à Eurobike, on a été frappés par le discours local et durable de nombreuses marques européennes que nous avons rencontrées. Sourcing local, production made in France ou made in Germany, on sent qu’une filière industrielle se redessine en Europe.
Dans le sillage de Moustache, qui présentait l’an passé son modèle J avec un cadre français, Bastille conçoit et fabrique son vélo pliant entièrement en France. Des marques comme Q36.5 ou Lupine s’appuient essentiellement sur des fournisseurs de proximité du nord de l’Italie pour l’un, de Bavière pour l’autre.

Côté matériaux aussi, la tendance est à l’éco-responsabilité. Le plastique se recycle pour se transformer en casque vélo urbain chez ABUS avec son XOXO Eco ou en gamme de vélos chez IGUS. On trouve également de plus en plus de vélos faits avec du bambou. Ce matériau n’est pas seulement durable, il offre aussi une grande flexibilité et robustesse. À Eurobike, on a découvert et beaucoup aimé Hyboo, avec son vélo en bambou et en carbone fabriqué dans les Hauts-de-France. Enfin, Q36.5 utilise la pellicule des grains de café dans ses textiles.
Des équipements pensés pour notre sécurité et celle du vélo
La sécurité du cycliste et de son vélo étaient clairement à l’honneur cette année à Eurobike. Les Allemands d’ABUS, pour leur 100e anniversaire, ont dévoilé deux nouveautés dans leurs domaines traditionnels : le casque Hyp-E et l’antivol Yardo Fingerprint 7807F.

Le casque Hyp-E est un casque urbain équipé d’éclairages à l’avant et à l’arrière ainsi que d’une fonction clignotant. Il y a même une version avec feu stop, appel de phares, visière et cache-oreilles pour l’hiver. Déjà conquis par le Lumos Kickstart, nous sommes impressionnés par les caractéristiques de l’ABUS, mais on redoute son poids (entre 550 et 745 grammes contre 360 pour le Lumos). À tester lors d’une prochaine sortie.

Le Yardo Fingerprint 7807F est un antivol à chaîne se déverrouillant avec une empreinte digitale. Capable d’enregistrer jusqu’à 20 empreintes, il semble très fluide et réactif sur le stand, mais on demande à voir son efficacité en hiver avec nos petits doigts gelés.
Toujours côté antivol, Auvray présentait deux nouveautés pour 2025 : un antivol à chaîne avec alarme de 120 dB qui se déclenche dès qu’un mouvement est détecté et un antivol pliable certifié ART. La marque française, connue pour la sécurité des motos, propose une gamme vélo de qualité à prix compétitif.

Les Anglais de Hiplok nous avaient impressionnés avec le D1000, revendiqué comme le plus sûr du marché en résistant aux meuleuses d’angle et certifié Sold Secure Diamond. Nous avons pu le voir dans sa version compacte : un beau morceau (2 kg !) qui se montre assez dissuasif pour les voleurs. Hiplok a profité d’Eurobike pour annoncer l’arrivée en 2025 d’un support pour l’accrocher au guidon ou au porte-bagage. Nous avons également découvert l’antivol pliable certifié Sold Secure Bronze avec son support qui permet de l’accrocher à la ceinture ou sur son vélo, et qui peut même cacher une puce Airtag ! Enfin, Hiplok nous a présenté le Z-Lock Combo, un serre-câble à code coloré pour sécuriser son vélo rapidement.
Schwalbe, le fabricant de pneus allemand, a dévoilé la CLIK VALVE, récompensée d’un Eurobike Award. Ce nouveau système de valve permet de clipser la pompe sur la valve du vélo facilement et de la retirer sans effort.

Nous avons beaucoup aimé le système d’éclairage ultra puissant des Bavarois de Lupine. Le support se fixe au guidon et permet d’installer ou de retirer l’éclairage facilement, même sous un compteur Garmin. L’éclairage, contrôlable via une télécommande sur le guidon, offre plusieurs intensités et appels de phare, idéal pour la ville ou les sorties en montagne en hiver. Hâte de tester !
Nous avons aussi vu l’airbag pour cycliste de Minerva, testé par GCN, mais qui ne nous a pas convaincus. Le système nécessite de l’avoir sur soi au moment de la chute et que la bouteille de gaz soit opérationnelle, ce qui peut être contraignant. En revanche, nous avons apprécié la technologie RECCO intégrée aux sacs à dos Camelbak. Ce système passif permet aux secours de retrouver facilement les personnes perdues ou accidentées dans la nature. La promesse est similaire chez les Français de Georide, mais nous n’avons malheureusement pas pu les rencontrer.

Enfin, nous avons découvert le prototype d’un casque en bambou chez Hyboo. Très léger et apparemment très résistant, ce casque pourrait être une révolution dans le domaine de la sécurité cycliste.
Des courroies et des Gravel, partout, même pour les enfants

Pour terminer ce bilan sur Eurobike 2024, on a pu constater que le gravel avait vraiment le vent en poupe (et ce n’est pas GravelPassion qui nous contredira). Il arrive en effet dans la gamme de Ducati avec le Futa All-Road, de Schindelauer avec le Wilhelm ou encore de Velo de Ville avec le G400. On trouve même un gravel pour enfant chez Bemoov !

La courroie, quant à elle, n’est plus réservée aux vélos électrique. On la remarque de plus en plus sur des modèles musculaires comme chez Bastille, Schindelhauer ou les Polonais de chez Creme. Et le défi lancé par Gates promet de pimenter encore plus le marché. Le marque spécialisée dans les courroies promet 100 000 € pour le cycliste qui remportera une descente de la coupe du monde avec un vélo à courroie.