Bastille, le vélo pliant français à grandes roues

Vélo pliant Bastille
Le créateur de la poussette Yoyo signe un vélo pliant à grandes roues qui étonne par son pliage rapide et son vrai comportement urbain.
Bastille faisait partie de ces stands qu’on avait entourés avant même d’arriver à Eurobike. Le concept intriguait, avec ces grandes roues qui détonnent dans l’univers des pliants et ce nom qu’on connaissait déjà… mais dans un tout autre monde. Après avoir créé la poussette Yoyo il y a neuf ans, Gilles Henry avait envie d’un nouveau terrain de jeu. Il s’est tourné vers le vélo, avec la même obsession du pliage simple, efficace et presque ludique. On est allés voir ça de près.
Sur le stand, l’inventeur nous raconte son vélo
C’est Gilles Henry lui-même qui nous accueille. Il nous explique d’où vient ce projet, né après la poussette Yoyo, avec l’envie d’appliquer son savoir-faire à un objet du quotidien… mais plus ambitieux, plus technique. Le pliage devait donner du plaisir à l’utilisateur, comme sur une poussette, mais cette fois sur un vrai vélo de ville, pas un compromis.

Avant même de parler composants, il saisit le vélo et montre le geste avec l’enthousiasme des inventeurs. Le cadre bascule dans un mouvement continu. La potence pivote proprement. Les pédales se rabattent. En quelques secondes, le Bastille devient un bloc compact de 82 × 33 × 80 cm qu’on tire comme une valise. Le tout sans chercher où poser la main, sans bloquer, sans forcer. Trois brevets protègent ce mécanisme, et on comprend vite pourquoi. C’est fluide, propre, satisfaisant, exactement ce qu’il voulait retrouver dans cette nouvelle aventure.
Le Bastille, un vélo avant d’être un pliant
Une fois déplié, on découvre un vélo qui n’a rien d’un petit pliant nerveux. Les grandes roues de 27,5 pouces posent tout de suite le décor. Le cadre en aluminium, fabriqué à Angers par Expliseat, un acteur habitué aux contraintes de l’aéronautique, inspire confiance. L’assemblage est réalisé dans l’Aube, ce qui permet de garder un contrôle précis sur les premières séries.
Le choix des configurations reste volontairement simple. Une seule taille, une seule couleur, deux guidons (droit ou relevé), deux transmissions intégrées (3 ou 7 vitesses). Pas pour réduire les coûts, mais pour maîtriser une plateforme complexe où tout doit fonctionner ensemble, du pliage au comportement routier.
Le reste de l’équipement est cohérent avec cette approche haut de gamme. Une courroie Gates Carbon Drive, silencieuse et propre. Des freins à disque hydrauliques. Une fourche carbone. Des jantes Mach1. Des pneus Continental Urban renforcés anti-crevaison. Un éclairage Spanninga intégré alimenté par une dynamo Shutter Precision. Rien de tape-à-l’œil, mais beaucoup de choix intelligents.
Concernant le nom “Bastille”, Gilles Henry nous a confié qu’il cherchait un mot fort qui avait déjà un sens, qui est facilement mémorisable, avec un côté français et révolutionnaire comme son invention.
Le test du Bastille sur la piste d’essai
On a ensuite pris la direction de la piste d’essai d’Eurobike, à l’extérieur. Et c’est là que le Bastille a achevé de nous convaincre. Une fois en route, on oublie complètement qu’il s’agit d’un vélo pliant. Les grandes roues de 27,5 pouces apportent une réelle stabilité, la fourche carbone filtre correctement les petites irrégularités et la position de conduite, plutôt droite, met immédiatement à l’aise.

Test du vélo pliant Bastille
Le vélo est léger pour sa catégorie, surtout en configuration 3 vitesses (15,2 kg) et à peine plus en 7 vitesses (15,7 kg). Les freins hydrauliques réagissent bien. La courroie Gates Carbon Drive est un vrai plaisir : silencieuse, propre, sans à-coups. Les vitesses intégrées passent en douceur, suffisamment pour se sentir à l’aise dès les premiers tours de roue. Sur la piste, on se surprend même à rouler vite, autour de 25 km/h, sans effort particulier.
Personne n’achètera ce vélo pour grimper des cols ou pour emmener en cyclo. Ce n’est pas son objectif. Mais pour un usage urbain, quotidien, avec une vraie qualité de roulage et la liberté d’emmener son vélo partout, l’expérience est franchement réussie. Bastille ne cherche pas à rivaliser avec les pliants ultra-compacts. Il propose autre chose : un vélo urbain sérieux, fiable, agréable, qui se plie quand on en a besoin. Et c’est précisément ce qui le rend différent.
Une arrivée attendue en fin d’année
Le vélo doit arriver en fin d’année, avec un tarif annoncé de 2 590 €. C’est un positionnement haut de gamme assumé, cohérent avec la fabrication française du cadre, le niveau de finition et le choix d’une production en petites séries. On a évidemment demandé si une version électrique était prévue. Gilles Henry nous a confirmé que le sujet avançait, mais qu’il restait pour l’instant au stade de réflexion. Toute l’attention est donc portée sur ce premier modèle musculaire, qui pose déjà les bases d’un concept singulier dans le paysage du pliant. Si la suite poursuit la même logique, Bastille pourrait bien occuper une place à part dans les années à venir.
