Avec sa jupe Windy, Millie en Ville veut répondre à une problématique bien connue des cyclistes urbaines : pouvoir rouler en jupe tout en se sentant à l’aise et confiante.
Pour de nombreuses cyclistes urbaines (et je sais de quoi je parle !), rouler en jupe s’apparente souvent à un véritable défi au quotidien : le tissu qui peine à rester en place, la jupe qui s’envole au moindre coup de vent, la limitation dans l’amplitude des mouvements ou encore un sentiment de vulnérabilité sur la selle. Bref, ce n’est pas pratique !
Rouler en jupe à vélo, ce défi bien connu des femmes cyclistes
C’est ce problème qu’Isabelle Chayé dit avoir rencontré dans sa propre pratique. Vélotafeuse au quotidien, elle constate qu’il n’existe pas de vêtements à la fois élégants et réellement adaptés à la pratique du vélo en ville. Pour elle, le sujet dépasse la simple question du style : il touche aussi à la place des femmes dans la mobilité urbaine. Convaincue en effet que le vélo est un formidable vecteur d’émancipation pour les femmes, elle avait d’ailleurs déjà fondé une école de vélo féminine il y a quelques années.

De ce constat est née Millie en Ville, une jeune marque parisienne de mode responsable, lancée en 2025. Cette dernière est animée par une mission : proposer des vêtements hybrides pour les femmes actives qui se déplacent à vélo sans vouloir adopter une tenue sportive.
Windy, une jupe vélo 2-en-1 pour passer du vélo au bureau ?

La jeune marque parisienne propose ainsi sa toute première création : la jupe Windy. Grâce à un système de boutons-pression placés au milieu et sur les côtés, la jupe se transforme en short pour le trajet, puis reprend sa coupe originale une fois arrivée à destination.
La marque Millie en Ville annonce ainsi plusieurs bénéfices pour nos trajets : maintenir la jupe en place pendant le trajet, éviter tout risque d’envolée, assurer une totale liberté de mouvement, et permettre de se sentir en sécurité et en sérénité sur le vélo tout en restant élégante pour une journée de bureau.
Côté caractéristiques, la jupe s’appuie sur un tissu fluide mais structuré et intègre une ceinture élastique à l’arrière pour le confort. Millie en Ville met aussi un point d’honneur sur la fabrication responsable : le modèle est entièrement fabriqué dans le Sentier à Paris, à partir de tissus certifiés Oeko-Tex. Une partie de ces tissus provient même de rouleaux dormants de grandes maisons, offrant une belle seconde vie à des matières de qualité !

La jupe se décline actuellement en deux modèles proposés au prix de 129 €, allant de la taille 36 au 44 : la Windy Milano (tissu noir fluide avec empiècements bleu marine) et la Windy Denim (jean bleu et empiècements bleu marine). Elles sont d’ores et déjà distribuées dans des boutiques physiques comme Et Gabrielle à Viroflay et Culture Vélo à Boulogne-Billancourt, ainsi qu’en ligne sur leur site internet.
La promesse du produit donne envie et semble enfin apporter une solution à un vrai point de douleur chez les cyclistes urbaines féminines… Mais reste néanmoins à vérifier si le concept fonctionne vraiment une fois en selle !
Précisons aussi le cadre d’usage : cette jupe, pensée comme un hybride entre « officewear » et « sportswear », cible spécifiquement les femmes urbaines et les déplacements du quotidien. Elle n’a pas vocation à accompagner une pratique sportive ou de longue distance.
Une bonne idée, mais une promesse à vérifier une fois en selle

Si le concept a l’immense mérite de s’attaquer à un vrai problème, seule l’épreuve du terrain permettra aux cyclistes de juger pleinement de la pertinence réelle de cette jupe. En effet, plusieurs éléments mériteront d’être observés en conditions réelles.
Je me pose en effet plusieurs questions. Tout d’abord, est-ce que les boutons-pression vont bien tenir dans le temps ? Est-il simple de les manipuler au quotidien ? Il faudra aussi évaluer l’aisance ressentie sur différents types de vélos (cadre haut ou bas). Enfin, le tissu devra prouver qu’il résiste vraiment au vent… et aux lavages. Enfin, il faudra regarder le rendu une fois la jupe portée. Car comme pour tout vêtement, une jupe peut très bien fonctionner en photo, mais moins bien convenir à certaines morphologies.
Millie en Ville assume en tout cas un parti-pris esthétique qui semble cohérent avec sa cible : des femmes cyclistes urbaines entre 28 et 45 ans, sensibles à la mode responsable et à la mobilité active.
Bref, cette belle initiative est un premier pas très positif pour combler un besoin jusqu’ici sans véritable réponse : donner aux femmes la liberté de porter une jupe sereinement à vélo ! Avec l’arrivée des beaux jours, ça tombe en plus à pic. Il ne reste plus qu’à observer si cette marque saura se faire une place de choix sur nos pistes cyclables 🙂