Bastille E : le vélo pliant électrique qui garde l’âme d’un vrai vélo

Bastille
Le pliant français haut de gamme passe à l’électrique sans toucher à sa magie d’origine.
On l’avait découvert à Eurobike avec une bonne surprise : ce vélo pliant à grandes roues, fabriqué en France, se repliait en quelques secondes avec une précision étonnante avant de retrouver, une fois déployé, le comportement d’un vrai vélo, stable, rigide, rassurant. La version électrique était annoncée depuis un moment. Elle arrive aujourd’hui, sans renier l’ADN du modèle musculaire, et sans céder à la tentation d’ajouter des artifices qui auraient affaibli ce qui faisait déjà la force du Bastille.
Un pliage toujours aussi efficace
Le Bastille E conserve le mécanisme imaginé par Gilles Henry, le créateur des poussettes Yoyo : un pliage rapide, propre, presque instinctif. Le cadre bascule, la potence se verrouille sur le côté, les pédales se rabattent, et l’ensemble se transforme en un format compact de 82 × 33 × 80 cm, facile à tirer comme une valise.

On reste dans une logique d’usage quotidien avec un vélo facile à transporter, que ce soit au bureau, à la maison ou dans un train, sans réfléchir et sans s’inquiéter de devoir l’attacher à un arceau dans la rue. Une fois déplié, les grandes roues de 27,5 pouces redonnent immédiatement cette sensation de stabilité qui distinguait déjà le modèle musculaire. Bastille annonce un temps de pliage de cinq à dix secondes, ce qui correspond exactement à ce qu’on avait constaté lors de notre test à Eurobike.
L’électrification sans complication
Pour préserver le pliage, Bastille a choisi une solution discrète : intégrer moteur et batterie directement dans la roue arrière. On est toutefois ici dans une solution mono vitesse. Le cadre reste épuré, sans câbles apparents ni batterie vissée sur le tube diagonal. Le moteur développe 25 Nm, une valeur modeste mais cohérente avec un vélo qui pèse seulement 16,7 kg et dont la vocation est un usage urbain fluide, pas les ascensions alpines. La batterie de 210 Wh offre entre 40 et 50 km d’autonomie. La charge complète prend environ 3 h 30.

Le vélo conserve une transmission par courroie, et c’est une excellente nouvelle. Je suis un grand fan des courroies : c’est silencieux, c’est propre et ça demande un entretien minimal. Sur un pliant qu’on manipule souvent, qu’on rentre dans une rame de train ou dans un salon, c’est un avantage évident. L’assistance se règle quant à elle via l’application mobile de Bastille, avec deux modes disponibles et quelques données de trajet.
Un vélo français qui soigne sa cohérence
Bastille rappelle que le vélo est assemblé en France. Pour le modèle musculaire, le cadre était fabriqué à Angers avant d’être assemblé dans l’Aube. La marque ne précise pas si cette chaîne exacte est reconduite pour la version électrique, mais l’esprit reste le même : un produit haut de gamme réalisé en petites séries, avec un contrôle soigné de chaque étape.
En tout cas, la version électrique conserve la même logique de simplicité que la version musculaire avec un vélo haut de gamme, fabriqué en petites séries et un nombre limité de configurations pour garder un contrôle maximal sur la qualité. Deux guidons, deux couleurs, un cadre unique : la simplicité n’est pas un manque d’options, mais une manière de garantir que chaque version soit vraiment maîtrisée.

Seulement 900 € de différence avec la version musculaire
Le Bastille E s’affiche à 3 190 € en offre de lancement, puis 3 490 €. La différence avec le modèle musculaire est donc de 600 € en ce moment (900 € ensuite), un écart contenu pour une électrification intégrée et un système de pliage aussi spécifique. Dans un marché où un kit d’électrification de qualité peut déjà coûter plus de 1 000 €, la différence apparaît raisonnable, surtout pour un vélo pliant haut de gamme conçu autour d’un système aussi spécifique. La housse de transport est fournie et la garantie reste de deux ans.

Avec cette version électrique, Bastille ne bouscule rien et c’est précisément ce qui fait son intérêt. Le vélo garde son pliage malin, son comportement de “vrai” vélo et l’usage simple qui avait séduit dès le début. L’assistance vient juste étendre les possibilités sans changer la recette. Une évolution logique, cohérente et une bonne nouvelle pour celles et ceux qui attendaient un pliant électrique différent.
