Le grand retour de 1886 Cycles

Vélo Elegant de 1886 Cycles
Un an après sa reprise par UTO, 1886 relance sa gamme avec moins de modèles, plus de clarté et un positionnement assumé.
En sommeil depuis plusieurs mois, la marque 1886 revient officiellement sur le devant de la scène. Désormais adossée à UTO, nouveau nom d’Eovolt, elle change de ton et de méthode. Exit les gammes complexes, les déclinaisons électriques ou les hésitations de positionnement : la relance passe par deux modèles musculaires sobres, urbains et fabriqués en France. Une nouvelle stratégie qui tranche avec le flou des années passées et qui pourrait bien offrir à 1886 le second souffle industriel qu’elle n’avait jamais vraiment trouvé.
Une marque née à Saint-Étienne… et en quête de seconde vie
1886 Cycles, ce n’est pas une marque sortie de nulle part. Lancée en 2017 par Benoît Richard à Saint-Étienne, elle revendiquait dès le départ un design néo-rétro, des cadres en acier, une touche française dans l’esprit et l’assemblage. Son nom faisait référence à l’année de création du premier vélo français, conçu par les frères Gauthier, également stéphanois. Toute une histoire du cycle condensée dans quatre chiffres, avec en toile de fond la figure tutélaire de Vélocio (Paul de Vivie) et l’ambition de renouer avec une tradition du vélo urbain de qualité.
Mais sur le terrain, 1886 a eu du mal à émerger. Tiraillée entre le musculaire et l’électrique, la marque proposait plusieurs modèles intéressants, parfois même très séduisants sur le papier, mais sans toujours trouver son public. Trop confidentielle face à Voltaire ou Crème, pas assez radicale pour rivaliser avec Schindelhauer.

Vélo Elegant de 1886 Cycles
En 2024, 1886 est rachetée par UTO, le nouveau nom d’Eovolt, avec une ambition claire : intégrer la marque dans un groupe industriel français du vélo, capable de mutualiser les moyens de production et de redonner une trajectoire cohérente à 1886. C’est dans ce contexte qu’on a aperçu, presque par hasard, un Élégant exposé sur le stand UTO à Eurobike 2025. Pas mis en avant, pas encore officiellement relancé, mais bien là. Comme un clin d’œil à venir.
Deux modèles, une seule direction
Avec cette nouvelle gamme, 1886 fait le ménage. Plus de moteur électrique Zehus, plus de gammes “Classique” ou “Confort”, plus de déclinaisons à tiroirs. La marque ne conserve que deux modèles musculaires, assemblés en France dans l’usine UTO à Genas : l’Agile et l’Élégant. Deux cadres, deux coloris (bleu marine ou vert anglais), et un positionnement plus lisible.
L’Agile ouvre la marche avec une approche simple, urbaine, accessible. Proposé à 999 €, il repose sur un cadre acier chromoly en version diamant ou trapèze, une transmission par chaîne couplée à un moyeu 5 vitesses Sturmey Archer et des freins à disque mécaniques. Le vélo affiche 13,9 kg sur la balance, soit un peu plus que l’ancien Agile Disque, mais avec un prix légèrement revu à la baisse. Il conserve une esthétique sobre, sans compromis fonctionnels : garde-boue, béquille, pneus Hutchinson Overide. Du vélo utilitaire bien pensé, sans chichi.
De son côté, l’Élégant pousse le curseur sur le terrain premium. Même base cadre, même poids, mais une finition plus raffinée : transmission par courroie Gates, selle cuir Brooks, pédales usinées sur mesure. Le tout pour 1 499 €, soit 300 € de moins que l’ancien Elegant, qui misait alors sur des freins sur jante, une selle Selle Italia Storica et des pneus Continental. Là aussi, les choix sont plus clairs, les composants mieux assortis, le design toujours aussi léché.

Vélo Confort de 1886 Cycles avec courroie
Un nouveau départ… mais quelle direction pour demain ?
Cette relance de 1886 a tout du repositionnement malin. En misant sur deux vélos simples, bien conçus, produits en France, la marque clarifie son offre et se donne les moyens d’exister à nouveau. Le lien avec UTO offre une base industrielle solide, une organisation plus rationnelle et une visibilité nouvelle. Mais ce recentrage pose aussi des questions.
La marque va-t-elle rester cantonnée au musculaire haut de gamme, dans un marché de plus en plus tourné vers l’électrique ? Verra-t-on un jour un 1886 à assistance électrique pour concurrencer Voltaire sur le terrain du chic urbain motorisé ? Ou au contraire, un pliant élégant pour marcher sur les traces de Brompton, ou même de Bastille avec son vélo pliant à grandes roues ? Et pourquoi pas un gravel urbain à la Schindelauer ou un VTC néo-classique, fidèle à l’esprit maison ?
Difficile à dire pour l’instant. 1886 ne communique pas encore sur une feuille de route produit à long terme. Mais ce qui est sûr, c’est que cette version resserrée de la marque, plus lisible, plus cohérente, marque un vrai tournant. Si elle parvient à trouver son public avec ces deux modèles bien positionnés, elle pourra envisager la suite avec plus d’assurance. Et peut-être, enfin, occuper la place qu’elle mérite dans le paysage du vélo urbain français.
