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Marché du vélo en France : des chiffres 2024 en recul qui inquiètent

Actus
Par Thibaut,  publié le 25 avril 2025 à 22h11, modifié le 25 avril 2025 à 22h26.
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Vélo électrique Made in France Radior

L’Union Sport & Cycle dévoile un marché français sous tension en 2024, malgré l'essor durable du vélo électrique et de la réparation.

Après les chiffres dévoilés en Allemagne, en Suisse et en Belgique, c’est au tour de la France de lever le voile sur son marché du vélo. L’Observatoire du Cycle 2024, publié aujourd’hui par l’Union Sport & Cycle, révèle un net coup de frein : chiffre d’affaires en baisse de 5,9%, ventes en recul de 12% et une production nationale sous pression. Mais derrière ces chiffres moroses, quelques bonnes surprises pourraient bien rebattre les cartes pour 2025.

Un marché français du vélo sous tension

Le marché français du vélo n’échappe pas à la turbulence économique générale. En 2024, il affiche un chiffre d’affaires de 3,23 milliards d’euros, soit un recul de 5,9% par rapport à 2023. Plus inquiétant : les volumes dégringolent de 12%, avec seulement 1 956 700 vélos vendus, contre plus de 2,2 millions l’année précédente.

Gamme dédiée à la pratique du vélo de route chez AS Bike

Dans le détail, les vélos classiques subissent la plus forte correction. Les ventes de VAE, longtemps moteur de la croissance, marquent elles aussi le pas, avec un recul de 16%. Cette contraction simultanée traduit un climat de consommation morose, amplifié par l’inflation, les incertitudes économiques et la météo désastreuse de 2024.

Le phénomène n’est pas isolé. En Allemagne, les ventes ont aussi flanché, avec une baisse globale de 7% sur l’année. En Belgique, Traxio note un repli de 4,7%, tout en soulignant l’impact lourd des stocks excédentaires hérités de la crise sanitaire. En Suisse, la chute est encore plus marquée. Le marché a reculé de 14 % en 2024, avec 341 142 vélos vendus, le niveau le plus bas depuis 2017. Partout, le même cocktail : prudence budgétaire des ménages, surstocks dans les réseaux, et météo catastrophique.

Une dynamique structurelle qui reste solide

Derrière le recul conjoncturel, la dynamique de fond reste impressionnante. En cinq ans, entre 2019 et 2024, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 33%. En clair : malgré la crise actuelle, la place du vélo dans les mobilités du quotidien a profondément changé.

Le phénomène s’accompagne d’une montée en gamme très nette. Le prix moyen d’un vélo classique atteint désormais 378 euros, en hausse de 10% sur un an. Côté VAE, on grimpe à 2 045 euros en moyenne, tiré par des modèles toujours plus sophistiqués et polyvalents. Cette montée en gamme est aussi visible ailleurs en Europe, mais de façon plus contrastée. En Allemagne, le prix moyen des vélos reste élevé – autour de 500 euros pour les modèles classiques et 2 650 euros pour les VAE –, mais il a reculé en 2024 sous l’effet de fortes remises.

En France, les gravels (+13%) et les vélos de route (+5%), en particulier, résistent bien. Un signal que les pratiques évoluent : du vélo plus sportif, plus haut de gamme. Une tendance que l’on a pu également observer en Allemagne.

Lapierre x Alpine

Le VAE : moteur du marché, malgré les secousses

Même en recul, le vélo électrique confirme son rôle de pilier. En 2024, près d’un vélo vendu sur trois est un VAE. Et en valeur, il représente 59% du chiffre d’affaires total.

Les cargos électriques et les vélos de route à assistance connaissent d’ailleurs une belle dynamique, avec respectivement +5% et +33% de croissance. En parallèle, les pliants électriques progressent eux aussi, répondant aux nouveaux besoins urbains.

Vélo cargo Moustache Lundi 20

Mais le marché reste pénalisé par des aides publiques insuffisantes. L’Observatoire rappelle que seulement 57 000 VAE ont bénéficié d’un bonus en 2024, contre 330 000 voitures électriques. Autant dire que l’effort reste marginal.

En Belgique, la situation est différente : le leasing vélo explose grâce à une fiscalité incitative, tirant les ventes de vélos électriques vers le haut. Une tendance également observé en Allemagne. En France, sans mécanisme massif comparable, le développement repose davantage sur l’initiative privée.

Une production française en perte de vitesse

Malgré des acteurs très dynamiques, à l’image de la Manufacture Française du Cycle, Re-Cycles, Radior, Moustache ou encore Origine, la production de vélos en France enregistre un sérieux coup de frein : -18% en 2024. Seuls 495 308 vélos sont sortis des usines hexagonales, alors que les ambitions de réindustrialisation sont affichées.

L’un des produits de la gamme de bikepacking Origine x Lafuma.

Le paradoxe est frappant : la demande pour les VAE fabriqués en France reste forte (un sur deux est assemblé localement), mais la production globale décline. En cause : la pression sur les prix, les marges comprimées, et la concurrence européenne, où l’industrie est mieux soutenue.

Un constat qui rejoint celui de l’Allemagne, où la production locale a elle aussi chuté de 13,8%. Face aux surstocks et à la baisse de la demande neuve, les industriels ralentissent la cadence pour éviter l’engorgement.

La réparation prend son envol

En parallèle du marché du neuf, la réparation explose. Depuis 2019, son chiffre d’affaires a doublé. En 2024, il s’est réparé trois fois plus de vélos qu’il ne s’en est vendu de neufs.

Le succès du Fonds Réparation, mis en place pour encourager la remise en état plutôt que l’achat, y contribue largement. Les consommateurs prolongent la durée de vie de leurs vélos et s’appuient de puis en plus sur le marché de l’occasion, un comportement qui pourrait bien s’installer durablement.

Là encore, la tendance dépasse les frontières françaises. En Belgique, le marché de l’occasion et de la réparation est cité comme une « nouvelle colonne vertébrale » pour le secteur vélo. Même son de cloche en Allemagne, où la seconde main progresse nettement.

Le vélo résiste, mais appelle des décisions politiques

Si la fréquentation des pistes cyclables continue de croître (+37% à Bordeaux Métropole depuis 2019), et si plus d’un Français sur trois utilise son vélo chaque mois, l’avenir du marché dépendra aussi des choix politiques.

Patrick Guinard, président de la commission cycle de l’Union Sport & Cycle, le rappelle avec force : « Il nous faut une vraie politique citoyenne, il nous faut un plan vélo, accompagné d’aides à l’achat sans conditions de revenus. » Sans soutien massif, difficile de démocratiser davantage un produit dont les prix ne cessent d’augmenter.

L’exemple belge ou allemand, où le vélo de leasing est devenu un produit de masse, montre que les leviers fiscaux peuvent faire la différence. À la France maintenant de prendre le guidon.

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