Le Baromètre vélo de la FUB bat des records pour sa dernière édition

Thibaut Bernardin
6 min de lecture
Faire du vélo à La Rochelle

Près de 330 000 cyclistes ont pris la parole. Une mobilisation massive avant les municipales de 2026.

C’est fini. Du moins pour cette édition. Le Baromètre des villes cyclables 2025 a fermé ses portes le 2 juin à minuit, en pleine Journée mondiale du vélo. Résultat ? Un raz-de-marée de réponses : 330 000 participants, plus de 2 700 communes qualifiées. Du jamais vu. En quelques années, cette enquête citoyenne portée par la FUB est devenue une véritable boussole politique. Et les données récoltées pèseront lourd dans le débat public, à l’approche des municipales 2026.

Une lecture rare et précieuse du terrain

Lancée tous les deux ans depuis 2017, cette consultation permet aux cyclistes de noter leur ville, leur village ou leur quartier sur la base de leur expérience réelle : sécurité, continuité des itinéraires, stationnement, apaisement de la circulation… L’exercice est simple, mais le volume de réponses et leur répartition géographique donnent une lecture rare et précieuse du terrain.

Par rapport à l’édition précédente de 2021, on compte 50 000 réponses de plus et environ 300 communes supplémentaires qualifiées. Un bond en avant qui reflète l’ancrage du vélo dans le quotidien des Français, mais aussi la capacité de mobilisation d’un tissu associatif désormais bien rodé.

Une France du vélo plurielle et engagée

Car le Baromètre 2025 confirme ce que beaucoup pressentaient : le vélo n’est plus réservé à une minorité engagée. Il s’impose désormais comme un mode de déplacement du quotidien, adopté par des profils variés, dans toutes les régions de France. On n’est plus dans le registre du militantisme, mais dans celui de l’usage massif.

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À la lecture des premiers chiffres, la Fédération française des Usagères et Usagers de la Bicyclette (FUB) parle d’une « France du vélo plurielle et engagée », qui va « des grandes métropoles aux villages ruraux, des banlieues aux territoires ultramarins ». Strasbourg, Arbois, Paris, Villeneuve-sur-Lot, la Martinique : les témoignages affluent de partout. Et tous racontent la même chose : le besoin de se déplacer à vélo dans des conditions plus sûres, plus simples, plus confortables.

C’est cette transversalité qui rend le Baromètre si précieux. Les résultats ne se contentent pas de pointer du doigt les grandes villes. Ils mettent en lumière les attentes locales, y compris là où la parole des cyclistes est peu audible. Et ce sont justement ces territoires-là qui ont le plus à gagner d’une politique vélo ambitieuse.

Une mobilisation de terrain décisive

Si le Baromètre a autant progressé, c’est aussi parce qu’il repose sur une mécanique bien huilée. Affiches, tracts, événements, relais numériques… tout un arsenal a été déployé pour aller chercher les réponses, quartier par quartier, commune par commune. Plus de 800 référents locaux se sont engagés sur le terrain pour faire vivre la campagne.

Dans de nombreuses villes, les collectifs vélo se sont relayés aux abords des gares, des écoles, des marchés. La campagne « Mai à vélo » a aussi permis de capter de nouveaux publics, souvent éloignés des sphères associatives. Les réseaux sociaux ont fait le reste, avec un effet boule de neige dans les dernières semaines, tout comme l’opération Paris-Strasbourg à vélo montée avec La Poste.

C’est cette dynamique collective qui donne au Baromètre sa force : chaque réponse est le fruit d’un engagement local, porté par des gens qui connaissent leur territoire. Et c’est aussi ce qui garantit une lecture fine, ancrée dans la réalité.

Un outil de pression à quelques mois des municipales

Le 18 septembre, la FUB publiera les résultats complets de cette édition 2025. Et ce ne sera pas un simple rapport. Ce sera une arme de plaidoyer. Une base de données citoyenne destinée à nourrir le débat local, alors que les campagnes pour les élections municipales de mars 2026 s’organisent.

La Fédération ne cache pas ses intentions. Elle veut faire du vélo un sujet politique à part entière. Dans les conseils municipaux, les conseils communautaires, auprès des candidats et des maires sortants, les associations locales disposeront d’un outil précis pour évaluer les politiques passées et exiger des engagements concrets pour l’avenir.

« Ces données citoyennes doivent désormais guider l’action publique », affirme Étienne Demur, co-président de la FUB. Et elles tombent à point nommé. Car les enjeux sont clairs : transition écologique, attractivité des centres-villes, santé publique, sécurité routière. Sur tous ces fronts, le vélo peut être une réponse. Encore faut-il que les décideurs s’en saisissent.

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Thibaut Bernardin est le fondateur de Guide Vélo. Cycliste du quotidien et observateur attentif des infrastructures urbaines, il met son expertise au service des usagers pour dénicher les meilleures solutions de micromobilité. Des vélos à courroie aux draisiennes pour enfants, des compteurs GPS aux meilleurs antivols du marché, Thibaut réalise des tests rigoureux basés sur une expérience de terrain réelle.