Pourquoi une Journée mondiale de la bicyclette ?

Thibaut Bernardin
7 min de lecture

Le 3 juin, l’ONU célèbre le vélo. Mais au-delà du symbole, que signifie vraiment cette journée et à quoi sert-elle ?

Depuis 2018, la Journée mondiale de la bicyclette vise à rappeler un message simple, mais souvent négligé : le vélo est bon pour nous. Transport bon pour la santé, accessible, peu polluant, silencieux, économe en ressources… la bicyclette coche toutes les cases de la mobilité durable. L’ONU ne s’y est pas trompée : le 3 juin a été officiellement reconnu comme World Bicycle Day pour souligner son importance dans la lutte contre les inégalités, la transition écologique et l’amélioration de la qualité de vie.

Une journée décrétée par l’ONU… et portée par un professeur passionné

C’est en avril 2018 que l’Assemblée générale des Nations Unies adopte à l’unanimité une résolution proclamant le 3 juin comme Journée mondiale de la bicyclette. Une décision symbolique, mais loin d’être anecdotique. Derrière ce texte, un homme : Leszek Sibilski, sociologue et ancien cycliste professionnel d’origine polonaise, devenu professeur aux États-Unis. Il mène pendant plusieurs années une campagne active pour faire reconnaître les vertus sociales et environnementales du vélo à l’échelle mondiale.

L’ONU ne parle pas ici d’un simple loisir. Le texte insiste : « La bicyclette est un moyen de transport durable, simple, abordable, fiable, propre et écologique. » Et elle contribue à la santé, à l’éducation, à l’autonomie, à la cohésion sociale. Bref, un outil de transformation aux effets concrets, y compris dans les pays les plus pauvres.

Un symbole pour des enjeux bien réels

Derrière cette journée mondiale, il y a un objectif politique clair : mettre le vélo au cœur des politiques de mobilité, notamment dans les grandes métropoles. Le vélo n’est plus vu comme une alternative secondaire mais comme un levier de transition.

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En 2024, l’OMS rappelait encore que l’inactivité physique est responsable de plus de 5 millions de décès par an dans le monde. Encourager la pratique du vélo, c’est donc aussi répondre à un enjeu de santé publique massif. Sans parler des bénéfices sur la qualité de l’air, la congestion urbaine, ou la dépendance au pétrole.

L’ONU pousse aussi à favoriser l’accès au vélo pour tous. Car dans de nombreuses régions, il reste un luxe ou un défi logistique. L’UNICEF, par exemple, a développé des programmes pour fournir des vélos à des jeunes filles en Afrique afin de faciliter l’accès à l’école. Le vélo devient alors un outil d’émancipation.

Des initiatives concrètes pour célébrer, équiper… et innover

Une journée mondiale à vivre aussi en ligne avec MyWhoosh et l’UCI

Si la Journée mondiale de la bicyclette reste encore discrète dans l’espace public, certaines initiatives permettent de la rendre visible — et utile. En tête, MyWhoosh et l’Union Cycliste Internationale (UCI) organisent ce 3 juin une célébration mondiale du cyclisme virtuel. L’événement, baptisé World Bicycle Day Ride, propose aux cyclistes de tous horizons de se retrouver sur la plateforme pour une journée complète de sorties en ligne. De minuit à minuit UTC, six parcours virtuels, inspirés de lieux emblématiques comme la Colombie, la Belgique ou le Japon, s’enchaîneront toutes les heures.

Gratuite et sans inscription, l’opération entend « célébrer l’unité mondiale à travers le vélo » et faire découvrir une nouvelle manière de pratiquer. Tous les participants arboreront un maillot virtuel dédié à l’événement, tandis que le système MyShift permettra une expérience plus fluide. Une façon pour MyWhoosh de promouvoir une pratique plus accessible, quel que soit le niveau ou la géographie.

Lokki mise sur la location pour un cyclotourisme plus responsable

Sur le terrain, Lokki profite aussi de cette double actualité — Journée mondiale du vélo et du tourisme responsable — pour remettre la lumière sur un angle souvent oublié du cyclotourisme : l’accès à l’équipement. La start-up française spécialisée dans la location de matériel outdoor rappelle que « le cyclotourisme est aujourd’hui la première forme d’itinérance touristique en France » avec plus de 9 millions de séjours réalisés chaque année. Et si louer un vélo devenait aussi naturel que réserver un hébergement ?

Selon son cofondateur Benoit Prigent, « on parle encore trop peu de la manière dont les gens accèdent concrètement à l’équipement. C’est un angle mort du tourisme durable ». Lokki revendique plus d’un million de locations réalisées depuis sa création et entend bien accompagner la hausse de la demande cet été avec une offre simple, locale et compatible avec une économie plus sobre.

Cygo Starter, un tremplin pour les innovateurs du vélo

Enfin, côté innovation, l’Union Cygo s’inscrit dans une dynamique de long terme avec son programme Cygo Starter. Lancé dans le Grand Ouest pour soutenir l’entrepreneuriat vélo, il accompagne actuellement sept projets innovants portés par des start-up régionales. Au menu : un vélo sans batterie au supercondensateur, un kit pour transformer son vélo en cargo, un moteur amovible ou encore un « cargotail » hybride.

« Transmettre notre expérience, c’est aider ces projets à grandir », souligne François Lucas, président d’Arcade Cycles et mentor du programme. En valorisant la filière vélo comme levier économique et technologique, Cygo Starter donne un sens concret à cette journée : faire du vélo non pas une fin, mais un point de départ.

Et si le 3 juin devenait un vrai point de départ ?

La Journée mondiale de la bicyclette ne changera pas le monde en un jour. Mais elle peut planter une graine. Celle d’un trajet effectué autrement. D’une envie de tester. D’un déclic.

Que ce soit sur une plateforme virtuelle, en rejoignant un collectif local, en louant un vélo pour ses vacances ou en suivant de près l’émergence de nouvelles solutions, le vélo trace sa route bien au-delà de la symbolique. Il ouvre des perspectives concrètes, accessibles, enthousiasmantes.

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Alors si vous cherchez un bon moment pour faire du vélo, en découvrir un nouveau ou soutenir ceux qui font bouger les lignes… ne cherchez plus : c’est aujourd’hui.

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Thibaut Bernardin est le fondateur de Guide Vélo. Cycliste du quotidien et observateur attentif des infrastructures urbaines, il met son expertise au service des usagers pour dénicher les meilleures solutions de micromobilité. Des vélos à courroie aux draisiennes pour enfants, des compteurs GPS aux meilleurs antivols du marché, Thibaut réalise des tests rigoureux basés sur une expérience de terrain réelle.