Usage du vélo en France : ce que révèle la grande enquête 2024

Semaine fédérale du cyclotourisme - DR
Équipement, sécurité, cyclotourisme : les résultats de cette enquête lèvent le voile sur les vraies habitudes des cyclistes français.
Combien de vélos par foyer en France ? Qui porte vraiment son casque ? Et qui part en voyage à vélo ? Cyclotourisme Mag vient de publier les résultats d’une grande enquête nationale menée en 2024 par la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités, en collaboration avec la Délégation à la sécurité routière. Et ce qu’elle révèle sur nos habitudes cyclistes est parfois surprenant. Moins de vélos que prévu, des comportements à risque encore fréquents, un cyclotourisme en retrait… mais aussi des signaux positifs qui montrent que la France du vélo est en mouvement.
Un parc de vélos encore limité en France
Premier constat de l’enquête relayée par Cyclotourisme Mag : le vélo n’a pas encore trouvé sa place dans tous les foyers français. En moyenne, on compte seulement 1,28 vélo par foyer, soit 0,46 vélo par personne. Un chiffre qui reste encourageant, mais montre clairement que beaucoup n’ont pas encore leur propre vélo.
Quand on détaille ce parc, la majorité reste constituée de vélos musculaires, avec 0,82 vélo par foyer. Les vélos enfants arrivent ensuite (0,33 par foyer), tandis que les vélos à assistance électrique plafonnent à 0,13 par foyer. Une part encore faible, mais qui « représente une progression » et pourrait « jouer un rôle clé dans la démocratisation du cyclisme au quotidien », souligne Cyclotourisme Mag.
L’essor des VAE pourrait en effet marquer un tournant, notamment pour les trajets domicile-travail ou les loisirs. Mais pour l’instant, on est encore loin d’un pays totalement passé au vélo.
La sécurité à vélo : entre bonnes intentions et mauvaises habitudes
Sur le terrain de la sécurité, l’enquête dévoile un paradoxe. Si 84% des cyclistes affirment respecter « toujours ou presque » les feux tricolores, la réalité est souvent plus contrastée. Cyclotourisme Mag rappelle que ce chiffre « contraste avec la réalité observée sur le terrain ».
Le port du casque est lui aussi révélateur des écarts selon les territoires. En milieu rural et dans les petites et moyennes villes, 39 à 40 % des cyclistes ne le portent jamais. Dans les grandes villes, ce pourcentage descend, mais reste notable, avec 22 à 28% d’irréductibles.
Le téléphone au guidon reste un problème pour 7% des cyclistes, qui reconnaissent l’utiliser parfois, tandis que 16% avouent porter un casque audio ou des oreillettes. Du côté de la visibilité, si 24% portent un gilet haute visibilité de jour, 59% ne le portent jamais. De nuit, ils sont 9% à s’en passer totalement.
Ces comportements montrent que la culture de la sécurité à vélo progresse, mais reste encore très inégale. Le port du casque et la visibilité, en particulier, restent des enjeux majeurs pour réduire les accidents.
Le cyclotourisme, encore marginal malgré un fort potentiel
Autre enseignement de l’enquête : le cyclotourisme reste une pratique minoritaire. Seuls 35% des cyclistes interrogés déclarent avoir effectué une randonnée à vélo de deux heures à deux jours au cours des deux dernières années.
Un chiffre « qui peut sembler faible », selon Cyclotourisme Mag, « au regard des nombreuses possibilités offertes par le territoire français ». Pourtant, pas besoin d’un vélo haut de gamme ou d’un équipement sophistiqué pour s’y mettre. « Un simple vélo peut suffire pour s’élancer sur les routes », rappelle l’article.
Entre pistes cyclables, voies vertes et petites routes, la France regorge d’itinéraires accessibles. Mais il manque encore une véritable culture du voyage à vélo au quotidien, contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas.
Une dynamique qui reste à encourager
En conclusion, l’enquête de 2024 montre « des avancées timides, mais prometteuses ». Le vélo continue de progresser dans les habitudes françaises, même si le changement est plus lent qu’espéré. Le parc de vélos s’étoffe doucement. Les comportements de sécurité évoluent, même s’ils restent à consolider. Et le cyclotourisme, encore discret, ouvre une porte immense pour celles et ceux qui rêvent d’évasion.
Cyclotourisme Mag souligne que « chaque petite avancée compte ». À condition de continuer à investir dans les infrastructures, à renforcer les campagnes de sensibilisation et à valoriser toutes les formes de pratique cycliste. Le défi est là : transformer l’essai et faire vraiment entrer le vélo dans la culture quotidienne des Français.
