Femmes, débutants, non-cyclistes : qui sont les nouveaux visages du vélo en France

Femme et son enfant sur le mini Boda Boda, un cargo électrique compact
Avec une participation record et une féminisation en hausse, le Baromètre 2025 révèle une pratique de plus en plus diverse et ancrée dans le quotidien.
Le vélo n’est plus l’affaire d’un cercle restreint de passionnés. Les 334 000 réponses collectées lors du Baromètre vélo 2025 brossent un portrait bien plus large, révélant l’arrivée de nouveaux profils dans la pratique. Les femmes sont désormais majoritaires parmi les répondants, les cyclistes occasionnels ou débutants prennent la parole, et même des non-usagers ont participé pour expliquer pourquoi ils ne se déplacent pas encore à vélo. Ce tableau inédit dessine une pratique en pleine mutation, où le vélo se banalise sans pour autant effacer toutes les inégalités.
Une pratique plus féminisée qu’avant
La progression est nette : 51 % de femmes parmi les répondants, contre 46 % lors de la précédente édition. Ce rééquilibrage montre que le vélo, longtemps perçu comme une pratique masculine, gagne du terrain auprès d’un public plus large. Les raisons sont multiples. L’essor du vélo à assistance électrique a permis de franchir des distances plus longues et de rendre les trajets quotidiens moins contraignants. L’usage croissant des vélos cargos a aussi facilité la pratique pour les familles, en particulier pour transporter des enfants. Enfin, dans de nombreuses villes, la création de pistes séparées ou de zones apaisées a contribué à rendre la pratique plus accessible aux femmes, souvent plus sensibles au sentiment d’insécurité.

Vélorue à Paris, rue de Charenton – Photo Mairie de Paris
Cette féminisation ne signifie pas pour autant que les craintes ont disparu. Le Baromètre montre que les femmes expriment plus souvent que les hommes un besoin de séparation claire avec le trafic motorisé. La question du ressenti reste donc centrale. Pour que cette dynamique se consolide, il faudra encore améliorer la sécurité perçue et multiplier les aménagements continus.
Les nouveaux cyclistes prennent la parole
Au-delà du genre, le Baromètre révèle un élargissement des profils de pratiquants. Si 61 % des répondants sont des cyclistes quotidiens convaincus, 37 % se déclarent « intermédiaires », c’est-à-dire utilisant le vélo de façon régulière mais non systématique, et 2 % sont des débutants. Derrière ces chiffres, on perçoit un phénomène nouveau : l’entrée progressive dans la pratique de personnes qui n’auraient pas pris part au Baromètre il y a quelques années.

Un cycliste traversant une autoroute à vélo
Ces cyclistes occasionnels témoignent d’usages diversifiés. Certains utilisent le vélo pour se rendre au travail, mais seulement certains jours, d’autres privilégient les trajets de proximité, les loisirs ou les courses quotidiennes. Leur présence dans les réponses traduit un élargissement de l’usage, au-delà du cercle des militants et des assidus.
Particularité de cette édition, 11 % des participants déclarent ne pas utiliser le vélo. Leur contribution donne un éclairage précieux puisqu’ils permettent de comprendre ce qui les freinent jusqu’ici à franchir le pas. Ils citent avant tout le manque de sécurité, la vitesse excessive des voitures et l’absence d’aménagements adaptés. Ces freins confirment que la marge de progression est considérable et que l’élargissement de la pratique passera par une action publique forte.
Avec le Baromètre 2025, le vélo sort définitivement du registre militant pour devenir un indicateur social et politique. La féminisation de la pratique, l’arrivée des débutants et la parole des non-cyclistes traduisent une banalisation inédite, mais aussi une attente forte. Plus question de se contenter d’aménagements symboliques. Les cyclistes réclament des réseaux continus, des rues apaisées et du stationnement sécurisé. Bref, les nouveaux visages du vélo en France ne demandent pas la lune. Ils veulent simplement pouvoir pédaler en confiance, dans des conditions dignes de ce mode de transport désormais ancré dans le quotidien.
