Baromètre vélo 2025 : Grenoble, Bourg-en-Bresse et Notre-Dame-de-Monts en tête du palmarès

Grenoble est l'une des capitales du vélo en France
La FUB vient de dévoiler les lauréats du Baromètre vélo 2025. Grandes villes, bourgs, banlieues : le classement révèle des surprises et des confirmations.
Clap de fin pour l’édition 2025 du Baromètre des villes cyclables. Après une mobilisation record, place aux résultats : les meilleures villes pour le vélo ont été distinguées ce 18 septembre lors d’une cérémonie organisée par la FUB. Grenoble confirme son statut de référence, mais le palmarès met aussi en lumière des territoires inattendus comme Notre-Dame-de-Monts ou Bourg-en-Bresse. Derrière les podiums, certaines communes décrochent la palme de la progression la plus spectaculaire. De quoi nourrir le débat public à l’approche des municipales 2026.
Un palmarès qui reflète la diversité des territoires
Jamais le Baromètre n’avait rassemblé autant de réponses : 330 000 cyclistes mobilisés, 2 700 communes qualifiées, soit 300 de plus qu’en 2021. Cette base statistique inédite, la plus vaste en Europe, permet d’explorer la perception des usagers selon la taille des communes, des métropoles aux stations balnéaires, en passant par les villages ruraux.
Cette approche par strate démographique révèle une réalité plurielle. On n’évalue pas Grenoble comme Notre-Dame-de-Monts, ni Strasbourg comme Saint-Aubin-de-Médoc. Pourtant, partout, la même logique prévaut : ce sont les usagers qui jugent la sécurité, la qualité des itinéraires, le stationnement ou l’apaisement de la circulation. Derrière chaque note, il y a donc une expérience vécue, ancrée dans le quotidien des cyclistes.
On découvre ainsi que certaines petites communes littorales ou rurales parviennent à rivaliser avec les grandes villes pionnières, offrant une qualité d’expérience qui surprend par sa cohérence. Le Baromètre offre donc une photographie rare et précieuse du terrain, où le vélo apparaît désormais comme une réalité de masse, bien au-delà des cercles militants.
Grenoble reste la grande ville la plus cyclable
Avec une note de 4,37 sur 6 (classe A), Grenoble conserve son statut de grande ville la plus favorable au vélo. La capitale des Alpes affiche une régularité remarquable puisqu’elle était déjà en tête en 2019 et 2021. Elle maintient son avance grâce à une politique vélo construite sur la durée et renforcée par des investissements constants. Strasbourg (4,15) et Rennes (4,05) complètent le podium, confirmant leur place parmi les métropoles de référence, mais l’écart avec Grenoble reste notable, signe qu’un cap a été franchi.
La progression la plus frappante revient à Clermont-Ferrand. Longtemps perçue comme peu accueillante pour les cyclistes, la ville auvergnate affiche désormais une note de 3,48 (classe D) et se distingue comme la meilleure évolution de sa catégorie. Cet exemple illustre parfaitement ce que le Baromètre met en lumière : un territoire peut changer d’image et améliorer rapidement son ressenti cyclable dès lors qu’il engage une politique volontariste.

Barometre FUB 2025 des Grandes Villes
Ce classement rappelle toutefois que toutes les grandes villes ne progressent pas au même rythme. Certaines stagnent encore en catégories C ou D, loin derrière les références nationales. Le vélo est devenu incontournable dans les métropoles, mais les disparités demeurent fortes, et le Baromètre agit comme un révélateur de ces contrastes.
Bourg-en-Bresse et Notre-Dame-de-Monts créent la surprise
Si les métropoles confirment des tendances déjà connues, c’est dans les catégories intermédiaires que l’on trouve les véritables surprises. Bourg-en-Bresse (01) s’impose en tête des villes moyennes avec une note de 4,32, devant Gujan-Mestras (33) et La Rochelle(17). Pour une ville de 45 000 habitants située au carrefour du sillon rhodanien, ce résultat n’est pas anodin. Il traduit la réussite d’une politique locale axée sur la continuité des itinéraires et l’apaisement de la circulation.

Barometre FUB 2025 des Villes Moyennes
Côté bourgs et villages, la victoire de Notre-Dame-de-Monts, en Vendée, est éclatante. Avec 4,77 sur 6, la commune, qui participait pour la première fois, décroche la meilleure note de tout le palmarès. Ce résultat illustre l’effet combiné des infrastructures touristiques, souvent pensées pour les vacanciers, et de leur appropriation par les habitants. Le podium est d’ailleurs dominé par des communes littorales comme Vieux-Boucau-les-Bains (40) et Soulac-sur-Mer (33), où la pratique du vélo s’impose naturellement.

Barometre FUB 2025 des Bourgs & Villages
Ces succès montrent que l’essor du vélo ne dépend pas uniquement de la taille ou des moyens d’une ville. Là où les aménagements sont cohérents et l’usage encouragé, même de petites communes peuvent devenir des références et offrir un cadre de déplacement sûr et agréable.
Banlieues et petites villes en mouvement
L’édition 2025 met aussi en avant des territoires longtemps considérés comme à la traîne : les banlieues et les petites villes. Saint-Aubin-de-Médoc, en Gironde, arrive en tête des communes de banlieue avec une note de 4,72, talonnée par une autre girondine, Le Teich (4,67), et Le Bourget-du-Lac (4,64) en Savoie. Ces scores, proches des meilleures petites villes, témoignent d’un basculement. Les périphéries, longtemps marquées par la domination de la voiture individuelle, deviennent désormais des terrains de progrès rapide pour le vélo. Ballainvilliers (91) illustre cette dynamique avec une progression remarquée, malgré une note globale encore modeste (3,10 – classe E).

Barometre FUB 2025 des Communes de banlieue
Chez les petites villes, Andernos-les-Bains (33) se distingue avec une note de 4,52, devançant Brétignolles-sur-Mer (85) et Val-de-Reuil (27). La meilleure progression revient à Andrézieux-Bouthéon(42), preuve qu’un effort récent peut transformer en peu de temps la perception des usagers. Ces communes démontrent qu’un environnement apaisé et des itinéraires clairs suffisent à améliorer sensiblement le quotidien des cyclistes, même sans grands moyens.

Barometre FUB 2025 des Petites Villes
Ces évolutions dessinent un paysage nouveau : le vélo progresse dans les centralités secondaires, dans les communes périurbaines et dans les petites villes où il était encore marginal il y a quelques années. À quelques mois des municipales, ces signaux sont loin d’être anodins : ils traduisent une demande citoyenne désormais impossible à ignorer.
Un outil politique à quelques mois des municipales
Au-delà des podiums, le Baromètre 2025 reste avant tout un outil politique. En agrégeant les perceptions de centaines de milliers d’usagers, la FUB offre aux associations locales une base de données redoutable pour interpeller les candidats aux élections de 2026. Chaque note devient un argument, chaque commentaire un témoignage concret, difficile à balayer d’un revers de main.
Le calendrier joue en faveur de ce rôle de plaidoyer. À l’heure où les programmes municipaux se construisent, les résultats du Baromètre mettent en évidence autant les réussites que les retards criants. Il suffit parfois de franchir quelques kilomètres pour constater des écarts saisissants. Une commune classée A+ peut côtoyer une voisine en catégorie E, et cette comparaison directe nourrit un sentiment d’injustice que les associations sauront exploiter.
La FUB l’affirme clairement : ces données citoyennes doivent guider l’action publique. Elles touchent à la sécurité routière, à la santé, à la transition écologique, mais aussi à l’attractivité économique des territoires. Le vélo n’apparaît plus comme une revendication militante, mais comme un indicateur politique incontournable. C’est sans doute là le principal enseignement de cette édition : la voix des cyclistes compte désormais partout, et elle compte vraiment.
