Le Tour ne passe pas en Bourgogne ? Ce livre, lui, s’y arrête

Livre Il était une fois le Tour de France en Beaujolais, Lyonnais et Bourgogne
Beaujolais, Lyonnais, Bourgogne : ce livre fait revivre le Tour dans ces terres oubliées du tracé 2025 mais pas de l’histoire cycliste.
Le Tour de France 2025 est lancé. Mais pas de chance pour la Bourgogne, le Beaujolais ou le Lyonnais : aucune étape n’y est prévue cette année. Pour se consoler, on peut ouvrir Il était une fois le Tour de France en Beaujolais, Lyonnais et Bourgogne qui vient de paraître aux Éditions Héraclite. Un titre long, un ton assez classique… mais un vrai travail de mémoire, signé Jean-Paul Ollivier et Albine Novarino-Pothier. Une lecture utile pour les amoureux de cyclisme enraciné.
Une plongée dans le Tour côté terroir
Ce n’est pas le genre de livre que je lis d’une traite. Mais petit à petit, j’y ai trouvé une certaine richesse. Il était une fois le Tour de France en Beaujolais, Lyonnais et Bourgogne ne cherche pas à impressionner. Il prend son temps, s’attarde sur les détails, raconte l’histoire d’un Tour enraciné dans les territoires. Pas les podiums ni les records, mais les bas-côtés, les routes oubliées, les villages traversés trop vite.
Le propos est clair : faire des lieux les héros du récit. À travers les mots de Jean-Paul Ollivier, la voix historique du Tour, et ceux d’Albine Novarino-Pothier, on redécouvre des étapes mythiques vues non pas depuis l’hélicoptère mais depuis la foule. On remonte les rues de Mâcon, on grimpe dans les bois du Haut Beaujolais, on ressent l’effervescence d’une arrivée à Dijon. C’est documenté, précis, souvent très sérieux. Parfois un peu trop.
J’ai trouvé l’écriture assez académique, presque figée par moments. On est loin du style enlevé ou des punchlines qui claquent. Le texte se veut didactique, presque scolaire. Et c’est peut-être là sa force comme sa limite. Le livre cherche à rendre les choses compréhensibles, à expliquer les termes, à redonner du contexte. C’est utile, mais ça donne un ton très “ouvrage de fond”. La maquette aussi a un côté rétro. Rien de désagréable, mais on sent que ce n’est pas un livre conçu pour séduire au premier coup d’œil. Pas de grandes doubles pages ou de mises en scène visuelles. Ici, c’est le texte qui parle, avec une typo assez classique.

Livre Il était une fois le Tour de France en Beaujolais, Lyonnais et Bourgogne
Des figures locales et un Tour de mémoire
Il faut quand même reconnaître au livre une vraie qualité : celle de faire émerger des figures qu’on oublie trop vite. Bernard Thévenet, évidemment, enfant de Saône-et-Loire, mais aussi Robert Alban ou Antonin Rolland. Des coureurs au parcours moins connu, qui ont marqué leur région autant que la course. Le récit ne cherche pas à les transformer en légendes. Il les montre avec leurs doutes, leurs failles, leur humanité.
On croise aussi les clubs locaux, les bénévoles, les souvenirs familiaux. Le Tour devient ici un prétexte à raconter une époque, une culture populaire, un lien entre le vélo et les gens. Ce n’est pas un livre à sensation. C’est un livre de mémoire. Il plaira particulièrement à ceux qui s’intéressent à la dimension territoriale et affective du cyclisme. Il vous apprendra des choses appris des choses, c’est certain. Et surtout, il nous rappelle que le Tour n’appartient pas qu’aux champions. Il appartient aussi à ceux qui, un jour, ont tendu un bidon ou applaudi sous la pluie.
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