J’ai testé les Ballons Vosgiens 2025 : mon retour sur le parcours de 112 km

Le sourire est là malgré la pluie et le vent
Je ne connaissais pas Les Ballons Vosgiens. À vrai dire, c’était presque un hasard si je m’y suis inscrit cette année. Un créneau libre, un beau-frère motivé, et la réputation d’une organisation sérieuse ont suffi à me décider. Au menu : 112 kilomètres et plus de 2 500 mètres de dénivelé (il y avait aussi le 163 à 3883 D+ mais je laisse ça aux autres), dans un coin des Vosges, Gérardmer que je connaissais mal en vélo. Je m’attendais à de beaux paysages, à quelques bosses bien senties. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est à quel point le parcours serait exigeant, physiquement comme mentalement.
Organisation et départ

220 coureurs au départ des Ballons Vosgiens 2025
L’organisation est sérieuse, rodée, avec une équipe de bénévoles au top pour encadrer plusieurs centaines de coureurs. Le retrait des dossards est fluide, les bénévoles disponibles, et le départ depuis Gérardmer donne immédiatement une ambiance de montagne. Sur la ligne, on croise des visages tendus, d’autres détendus : certains viennent pour le classement, d’autres comme moi, pour aller au bout d’un défi personnel.
Le parcours : un casse-pattes sans répit
La difficulté de cette cyclosportive ne réside pas tant dans un col mythique ou un sommet interminable, mais dans l’enchaînement incessant de montées et de descentes. Pas le temps de trouver un rythme. On grimpe, on relance, on bascule, on freine, on repart. Le moindre replat devient une pause bienvenue.
Comparé à l’Alsacienne, que j’avais trouvée déjà exigeante, celle-ci m’a semblé plus rude. Les ascensions s’enchaînent sans col majeur très long, mais avec une répétition de bosses qui finissent par user. Au programme quelques cols répertoriés quand même : col de la Schlucht, col du Bramont ou encore col de Grosse Pierre.

Le sourire est là malgré la pluie et le vent
Les six derniers kilomètres résument bien la journée : une montée régulière à 5 %, pas spectaculaire sur le papier, mais terrible quand on n’a plus rien dans les jambes. On avance mètre par mètre, l’impression d’être dans un col, même si ce n’en est pas un officiellement.
Ambiance sur la route
Ce qui frappe, c’est la densité d’effort. Peu de temps morts, peu d’occasions de discuter longuement avec d’autres coureurs, d’ailleurs en queue de cyclo j’ai pas vu beaucoup de monde. On croise des regards, on partage parfois un bout de route, puis chacun reprend son rythme. Sur le 112 km, j’ai vu des cyclistes abandonnés, d’autres arrêtés pour s’étirer, certains au bord des crampes. Ça en dit long sur la difficulté.

La Roche du Diable dans les Vosges
La sécurité est bien assurée : signaleurs, motos, voitures suiveuses. À un moment, je roule seul, persuadé d’être avant-dernier. Puis un hélicoptère des pompiers se pose sur un terrain à côté. Rien à voir avec la course, mais la scène me coupe dans mon effort. Je m’arrête, regarde, reprends. Et là, je vois la voiture-balai à quelques dizaines de mètres. Une piqûre de rappel. Je remonte en selle. Plus question de flâner.
L’ambiance : chacun pour soi, mais solidaire dans l’effort
Contrairement à d’autres cyclosportives où les groupes se forment rapidement, ici chacun semble se battre à son propre rythme. Peu de pelotons, beaucoup de coureurs isolés. Le terrain s’y prête mal, et la configuration fait que les écarts se creusent vite.
Mais dans la difficulté, une forme de solidarité émerge. Un mot échangé dans une montée, un encouragement en croisant un coureur arrêté, un regard qui dit « je sais ce que tu vis ». Ce sont des petits riens, mais ils comptent.
Les conditions et les ravitaillements
La météo était clémente, sans chaleur excessive. Pourtant, sur la route des Crêtes, nous avons pris un long passage de vent de face et avec de la pluie, dix kilomètres pénibles où chaque coup de pédale semblait inutile. Les ravitaillements, eux, étaient bien placés et bien fournis, même si je pense m’être arrêté trop longtemps, et surtout sur le 2ème où j’ai oublié de m’étirer car je parlais avec les bénévoles mais c’est aussi ça une cyclo.
Sensations et bilan

Le meilleur moment de la journée
J’ai terminé au bord de la rupture, avec les jambes prêtes à se bloquer par deux crampes bien placées, mais je pense que j’ai définitivement mal géré mon alimentation. Pourtant, le plaisir est bien là : celui de franchir la ligne après avoir tenu jusqu’au bout, malgré les doutes et la fatigue. Les Ballons Vosgiens ne pardonnent pas, mais ils récompensent ceux qui acceptent leur exigence.
J’en ressors épuisé, mais enrichi. Pas un chrono à afficher fièrement, mais la satisfaction d’avoir bouclé un parcours sélectif, au cœur d’un massif magnifique. Une cyclosportive qu’on n’oublie pas, et qui laisse une trace durable dans les jambes comme dans la tête.
