En pleine crise, Eurobike renonce finalement à Mobifuture en 2026

Eurobike 2025 - DR
Eurobike abandonne l’idée d’un salon parallèle dédié aux mobilités légères. Une décision qui intervient quelques jours après le départ du ZIV et de Zukunft Fahrrad.
Eurobike traverse une zone de turbulences. Quelques jours après l’annonce du ZIV et de Zukunft Fahrrad, qui ont officialisé leur retrait du salon 2026, l’organisation a dévoilé un changement majeur : Mobifuture ne sera pas lancé comme événement séparé. Le projet, qui devait mettre en avant les mobilités légères et les nouvelles formes de déplacement urbain, réintègre complètement le périmètre du salon principal. Ce revirement intervient alors que son existence même faisait débat au sein de l’industrie allemande.
Un projet né dans une période d’élargissement… mais jamais clarifié
Lorsque Eurobike avait présenté Mobifuture, l’ambition affichée était de proposer un espace dédié aux innovations périphériques au vélo et au VAE : microvéhicules électriques, engins urbains légers, concepts de mobilité individuelle… Une manière d’accompagner l’évolution du marché au sens large.
Mais le positionnement exact du salon restait flou. Plusieurs acteurs estimaient que cette séparation brouillait la lecture d’un Eurobike déjà engagé dans une mutation profonde. Dans un communiqué publié mercredi, Eurobike l’admet à demi-mot : le concept nécessitait « davantage de clarification », ce qui pousse les organisateurs à suspendre sa création.
Eurobike mise sur un retour à l’unité
Cette annonce arrive au moment où Eurobike vient de perdre l’appui du ZIV et de Zukunft Fahrrad. Les deux organisations reprochent au salon un manque d’écoute et une incapacité à donner une direction claire au format. Elles réclamaient depuis des mois une simplification de l’événement et alertaient sur le risque de dispersion. Le projet Mobifuture symbolisait, à leurs yeux, cette évolution difficilement lisible. Leur départ a donc agi comme un électrochoc.
En renonçant à une structure à deux salons, Eurobike tente de réaffirmer son rôle de plateforme centrale. Le communiqué insiste sur un travail mené « à partir des contributions du secteur » et sur une volonté de maintenir un rendez-vous international capable de réunir fabricants, distributeurs, décideurs politiques et acteurs technologiques.
L’organisation rappelle par ailleurs que la présence d’un salon de référence en Allemagne demeure, selon elle, un « atout stratégique » pour l’industrie nationale – un message adressé directement à ses anciens partenaires.
Eurobike poursuit les ajustements et crée un Conseil consultatif
Un nouveau communiqué, publié cette fois le 17 novembre, ajoute une pièce importante au puzzle. Pour tenter d’ancrer ce dialogue dans la durée, Eurobike annonce la création d’un Conseil consultatif chargé d’accompagner l’évolution stratégique du salon. Ce conseil, pensé comme un espace permanent d’échanges avec l’ensemble de la filière, doit « approfondir le dialogue avec les partenaires nationaux et internationaux » et donner un cadre plus structuré aux discussions qui guidaient jusqu’ici les décisions du salon.
Sa présidence est confiée à Stephan Kurzawski, membre du directoire de Messe Frankfurt, figure expérimentée du monde des grands salons professionnels. L’organisation précise que le Conseil sera opérationnel immédiatement et que sa composition doit refléter « la diversité des acteurs du marché », y compris les associations et initiatives liées au vélo et à la mobilité.
Ce geste se veut une réponse directe à ce que réclamaient les fédérations : une instance capable d’influencer réellement la trajectoire du salon, bien au-delà des consultations informelles. Eurobike espère ainsi montrer qu’il ne se contente plus d’ajustements ponctuels, mais qu’il installe un cadre pérenne pour reconstruire une gouvernance partagée.
