Cette marque française de vélos en bambou n’a pas survécu

Vélo avec cadre en bambou du Français Cyclik
Clap de fin pour Cyclik, cette start-up écolo qui misait sur l’innovation et le Made in France
C’est Frandroid qui a levé le voile sur cette info passée sous les radars : Cyclik, la marque française qui fabriquait des vélos en bambou et fibre de lin, a été placée en liquidation judiciaire fin mai 2025. Une disparition discrète pour une marque pionnière, qui rêvait de transformer la filière vélo à sa manière.
Une marque née du vélo… et du végétal
Fondée en 2018 par Félix Hébert, ancien cycliste de haut niveau, Cyclik s’est rapidement fait remarquer dans le paysage vélo français. Son ambition : proposer une alternative aux cadres aluminium ou carbone en misant sur des matériaux naturels, plus durables et plus locaux. Bambou pour les tubes, fibre de lin pour les jonctions, le tout fabriqué en Savoie dans un atelier de 800 m². Une démarche artisanale, 100 % française, soutenue par une expertise maison dans les bio-composites.
Dès 2022, la jeune pousse lance ses premiers modèles musculaires, des vélos urbains et gravel au design végétal assumé, qui séduisent une clientèle à la recherche de sens autant que de style. Cyclik se positionne alors comme un acteur engagé, prêt à bousculer les standards techniques et industriels de l’univers vélo.
Le e-Gravel comme point d’orgue

Vélo e-gravel Cyclik – DR
En septembre 2024, après cinq années de R&D, la marque présente son tout premier vélo électrique : un gravel à assistance légère baptisé e-Gravel. Plus qu’un simple nouveau modèle, c’est une forme de consécration. Le vélo combine les choix forts de la marque (cadre en bambou et lin, fabrication locale, design sobre) à une motorisation Mahle X20 intégrée et à une connectivité complète. Avec ses 13,9 kg, son autonomie jusqu’à 140 km et un tarif annoncé à 4 799 €, le e-Gravel s’adressait aux amateurs d’aventure autant qu’aux cyclistes du quotidien.
Présenté au Roc d’Azur en octobre, ce vélo devait marquer un tournant pour Cyclik. La marque ambitionnait une production de 500 cadres par an, espérant asseoir sa viabilité industrielle tout en conservant sa philosophie. Mais quelques mois plus tard, le rêve s’effondre.
Une liquidation discrète dans un secteur en crise
Le 7 janvier 2025, Cyclik entre en redressement judiciaire. Une étape critique mais pas forcément définitive. Sauf qu’aucune reprise ne sera validée. Le 26 mai, le tribunal de commerce de Chambéry prononce la liquidation judiciaire. Et le 6 juin, l’avis est publié officiellement. Depuis, plus aucune communication n’émane de la marque. Le site web affiche tous les modèles en rupture. Les réseaux sociaux sont figés. Et l’adresse mail presse ne répond plus.
C’est Frandroid qui a repéré l’information fin juillet, via le site Pappers et grâce à une veille menée par Léry Jicquel, auteur de la newsletter Le Concentré Vélo. Une fois encore, la crise du vélo frappe là où l’équilibre est le plus fragile : chez les acteurs indépendants, engagés mais sous-capitalisés, confrontés à une concurrence internationale et à des difficultés de trésorerie récurrentes.
Et les clients dans tout ça ?
La question reste entière. Le communiqué de presse diffusé à l’automne annonçait une disponibilité du e-Gravel en 2025, sans indiquer clairement si les précommandes étaient déjà ouvertes. Certains clients ont-ils versé un acompte ? Des vélos ont-ils été livrés avant la fermeture ? Quid du SAV sur les premiers vélos livrés ? À ce jour, aucune réponse officielle ne permet de le savoir. Le flou demeure, tout comme le silence de la marque.
Cyclik s’était fixé pour mission de proposer des vélos plus propres, plus durables, plus vertueux. L’histoire s’arrête brutalement, mais l’idée, elle, pourrait bien survivre ailleurs. Le bambou plie… mais ne rompt pas toujours.
