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Casques vélo : les résultats inattendus d’un nouveau test de sécurité

Actus
Par Thibaut,  publié le 9 mai 2025 à 17h54, modifié le 14 mai 2025 à 9h08.
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Le casque vélo Specialized Align

Certains casques à 50 € protègent mieux que des modèles haut de gamme. Une étude indépendante vient bouleverser le marché.

Ils se ressemblent, sont tous homologués et pourtant… certains casques vélo protègent trois fois moins bien que d’autres en cas de chute. C’est ce que révèle une étude explosive menée par l’Imperial College London. À la clé : un classement inédit des casques les plus sûrs du marché, basé sur des tests bien plus proches de la réalité que ceux imposés par les normes actuelles. Et les résultats réservent de vraies surprises.

Un protocole plus proche des vraies chutes à vélo

Tout est parti d’un constat simple : les tests de sécurité imposés aux fabricants ne reflètent pas la réalité des accidents. La norme EN1078, obligatoire en Europe, évalue uniquement les impacts directs, verticaux, comme si la tête du cycliste tombait à la perpendiculaire du sol. Sauf que dans la vraie vie, les chutes à vélo ne ressemblent pas à ça. Le plus souvent, le cycliste tombe de côté ou en avant, sur un trottoir ou un capot, avec une glissade, un rebond ou une rotation brutale de la tête.

C’est précisément ce que l’équipe de l’Imperial College London a voulu reproduire. Dirigée par la docteure Claire Baker et le professeur Mazdak Ghajari, cette équipe de la Dyson School of Design Engineering a testé les 30 casques les plus vendus au Royaume-Uni, tous en taille M. Les chercheurs ont conçu un banc d’essai capable de simuler des impacts obliques à 45°, avec une vitesse de 6,2 m/s, sur trois points d’impact : le front, le côté et l’arrière du crâne. Chaque casque a été monté sur une tête artificielle bardée de capteurs capables de mesurer à la fois l’accélération linéaire (liée au choc) et l’accélération rotatoire (liée au mouvement du cerveau à l’intérieur du crâne).

Le résultat : un protocole de test beaucoup plus exigeant que celui des normes actuelles, mais surtout plus proche des conditions réelles d’un accident. Les chercheurs ont ensuite calculé un indice de risque (BrIC) qui combine les deux types d’accélérations pour estimer la probabilité de blessure cérébrale.

Des casques tous homologués, mais pas tous aussi sûrs

Les résultats sont sans appel : les casques vélo ne se valent pas. Certains absorbent très bien les chocs, réduisent la rotation du crâne et limitent fortement le risque de lésion cérébrale. D’autres, pourtant conformes à la norme, laissent passer des accélérations rotatoires très élevées, parfois supérieures à 10 000 rad/s². À ce niveau, le risque de commotion, voire de traumatisme profond, devient bien réel.

Ce qui frappe, c’est l’ampleur des écarts. Le risque de blessure grave varie d’un facteur trois entre les meilleurs et les moins bons casques. Et plus surprenant encore : le prix n’est pas un bon indicateur de sécurité. Un casque vendu autour de 50 € peut offrir une meilleure protection qu’un modèle à 130 €. L’étude cite l’exemple d’un casque très bien noté, vendu environ 45 £ (53 €), qui surpasse largement plusieurs modèles plus chers, pourtant très présents sur les étagères des magasins spécialisés.

Autre enseignement : les technologies anti-rotation comme MIPS, WaveCel ou Kineticore jouent un rôle positif. En moyenne, elles permettent de réduire de 28 % l’accélération rotatoire et de 35 % l’indice de risque BrIC. Mais attention : elles ne garantissent pas à elles seules une bonne performance. Certains casques MIPS se retrouvent en bas de classement, tandis que d’autres, sans dispositif spécifique, s’en sortent très bien grâce à un design global efficace (forme, mousses, ventilation, etc.).

Classement : quels casques vélo sortent vraiment du lot ?

Pour rendre ces données accessibles, les chercheurs ont mis en place un système de notation simple, de 0 à 5 étoiles, et publié les résultats sur le site HIPER (Helmet Impact Protection Effectiveness Rating). Chaque casque a été évalué selon son niveau de protection face aux chocs linéaires et rotatoires, avec un score global permettant de comparer facilement les modèles.

Parmi les casques les mieux notés figurent :

  • Giro Register MIPS : 5 étoiles
  • Specialized Align II : 4,5 étoiles
  • Bontrager Starvos WaveCel : 4,5 étoiles
  • Giro Agilis MIPS : 4 étoiles
  • Abus Urban-I 3.0 : 4 étoiles

Le site internet HIPER note les casques vélo

Tous ces modèles sont disponibles à des prix compris entre 45 et 90 €. Ils démontrent qu’une bonne protection est compatible avec un tarif raisonnable. Et globalement, c’est Specialized qui affiche la meilleure moyenne, avec 3 casques qui frôlent la perfection. À l’inverse, certains casques vendus plus de 100 € n’obtiennent qu’une ou deux étoiles, signe d’une efficacité très relative face aux chutes réelles. Et le casque Decathlon BTwin 500, que l’on retrouve sur de nombreuses têtes françaises, n’affiche que 2 étoiles.

Ce classement ne prétend pas être exhaustif – seuls des modèles taille M ont été testés pour le moment – mais il fournit déjà un outil précieux pour les consommateurs et les fabricants. Des travaux complémentaires sont en cours pour intégrer des casques enfants et d’autres tailles.

Vers une signalétique de sécurité claire pour les cyclistes

L’étude de l’Imperial College London remet sur le devant de la scène un point aveugle majeur : les cyclistes n’ont aujourd’hui aucun moyen fiable de comparer les performances réelles des casques qu’ils achètent. Le marquage CE ne garantit qu’un strict minimum. Il ne prend pas en compte les impacts obliques, pourtant les plus fréquents et les plus dangereux. Résultat : tous les casques sont “conformes”, mais certains protègent beaucoup mieux que d’autres — sans que cela soit visible sur l’emballage.

En France, cette limite avait déjà été identifiée dès 2014 par la Fondation MAIF et l’Université de Strasbourg, avec la création de Certimoov. Le principe était clair : tester les casques vélo et moto dans des conditions plus réalistes et attribuer une note de sécurité, visible et compréhensible. Le projet, d’abord nommé EuroNcasque, avait l’ambition de structurer un nouveau référentiel. Les campagnes de test se sont étalées jusqu’en 2020, avec des résultats accessibles au grand public. Depuis, plus aucune mise à jour n’a été publiée.

La démarche britannique ne remplace pas Certimoov, mais va dans le même sens. Elle démontre à nouveau qu’un classement indépendant, fondé sur des tests obliques, est à la fois possible, utile et nécessaire. Elle montre aussi qu’un affichage clair de la performance des casques pourrait devenir une norme, comme l’étiquetage énergétique ou les étoiles Euro NCAP. Alors, à quand le retour des tests Certimoov ? Ou mieux encore : un rapprochement entre les deux démarches, pour construire une référence commune à l’échelle européenne. Ce serait une avancée majeure pour tous les cyclistes, débutants comme confirmés.

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