24h du Mans : les vélos en bois Gonnel tiennent la distance

L'équipe des Ateliers Gonnel aux 24h du Mans - DR
800 kilomètres, 8 coureurs, 0 casse. Le pari un peu fou des Ateliers Gonnel a tenu toutes ses promesses sur le circuit Bugatti.
Un vélo en bois, est-ce que c’est solide et performant ? C’est ce que les Ateliers Gonnel ont voulu démontrer en alignant une équipe sur les mythiques 24h du Mans Vélo. Huit cyclistes, tous en selle sur le modèle Alliage, ont avalé près de 800 kilomètres en relais, sans souci mécanique. Une performance solide, sur un terrain de jeu exigeant, qui met en lumière la fiabilité de ces cadres pas comme les autres, conçus en bois et fibres composites à La Rochelle.
Sur la piste : un défi technique et humain réussi
Le circuit Bugatti n’a rien d’un terrain de jeu pour vélos en bois. Revêtement abrasif, cadence soutenue, relais nocturnes… C’est l’une des épreuves les plus exigeantes pour les machines comme pour les corps. Pourtant, sur les 795 kilomètres parcourus en 24 heures, les vélos Gonnel n’ont montré aucun signe de faiblesse. Pas de casse, pas d’abandon, pas de compromis.
« Un défi à la fois humain et technique », comme le résume l’équipe, avec dans les jambes 190 tours de piste cumulés par les huit coureurs engagés, dont les deux fondateurs Benjamin Boissier et Guillaume Bolzec, entourés de salariés et de clients. Leur point commun ? Des profils hétérogènes, de 22 à 72 ans, réunis par une même envie de se dépasser. L’un roule 1 000 km par an, l’autre quinze fois plus. Certains ont découvert le roulage de nuit ou la vitesse en peloton pour la première fois. Et tous ont partagé ce moment unique en chevauchant un vélo pas comme les autres.
« Le plaisir avant tout, la performance sans pression, et l’amour du vélo sous toutes ses formes. » Voilà l’esprit Gonnel. Une philosophie incarnée sur la piste, mais aussi dans les paddocks. Clients, salariés et associés ont tenu un stand tout le week-end, pour présenter les vélos, répondre aux questions, raconter leur aventure et… prendre quelques commandes. L’occasion de montrer que derrière le cadre, il y a aussi des visages, une équipe, un savoir-faire.

L’équipe des Ateliers Gonnel aux 24h du Mans – DR
Au-delà de la performance : ce que ça prouve du vélo Gonnel
Ce genre de défi n’a rien d’un coup de com’ gratuit. C’est un test en conditions extrêmes. Et il a été largement validé. Le modèle utilisé, l’Alliage, n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà bouclé Paris-Brest-Paris, soit 1230 kilomètres en autonomie, sans encombre. Il avait aussi raflé le prix de l’originalité et le prix du public au Concours de Machines 2023. Mais cette fois, il a tenu 24 heures de relais intensifs, à des rythmes parfois supérieurs à 45 km/h.
Ce n’est pas anodin pour un cadre en bois. Car au-delà du matériau, ce sont les choix techniques qui font la différence. Une structure en sandwich de paulownia, peuplier et carbone, usinée avec précision, puis poncée et vernie à la main. Le tout monté sur mesure, pour un vélo léger (entre 8 et 9 kg) mais endurant.
Et c’est là que le message passe : le bois n’est pas une lubie. C’est une vraie option pour qui cherche du confort sans sacrifier la performance. Sur la route, il absorbe les vibrations. Sur la durée, il ménage le cycliste. Et sur le plan esthétique, il impose un style unique. Le tout, en restant local, artisanal, et sans compromis sur la fiabilité. Les Ateliers Gonnel n’ont pas juste participé aux 24h du Mans. Ils y ont démontré que leur vélo tient la route. Même sur circuit. Bravo !
