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Des watts sur la ViaRhôna… et pas seulement sous les pédales

Actus
Par Thibaut,  publié le 17 juillet 2025 à 10h49.
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Le projet Ophelia sur la ViaRhôna - CNR

À Caderousse, 900 m de panneaux solaires ont été installés au-dessus de la véloroute. Un projet inédit qui combine énergie, confort et innovation.

D’habitude, les watts, c’est vous qui les produisez. Chaque coup de pédale alimente votre effort. Mais à Caderousse, sur la ViaRhôna, ce sont désormais aussi les infrastructures qui s’y mettent. Sur 900 m, des ombrières photovoltaïques ont été déployées au-dessus de la piste cyclable pour capter l’énergie du soleil… et offrir un peu d’ombre bienvenue aux cyclistes de passage. Ce démonstrateur, premier du genre en France, pourrait bien ouvrir la voie à un nouveau modèle d’aménagement.

900 mètres de piste cyclable sous panneaux

Le projet s’appelle Ophelia. Il se déploie à Caderousse, une commune du Vaucluse, entre Orange et Avignon, en bordure du Rhône. Sur ce tronçon de la ViaRhôna, rural, plat et très exposé, six ombrières solaires ont été installées à cinq mètres de hauteur au-dessus de la voie verte. L’ensemble couvre 900 mètres de piste cyclable. L’objectif : produire de l’électricité sans empiéter sur de nouvelles surfaces, en valorisant les infrastructures existantes comme les pistes cyclables.

La production annuelle estimée atteint 1,4 million de kilowattheures, soit l’équivalent de la consommation moyenne d’environ 700 foyers (hors chauffage). En rapportant ce chiffre au vélo, on obtient un autre ordre d’idée : cela permettrait de recharger les trajets annuels de 70 000 vélos à assistance électrique*. Et ce n’est pas une hypothèse abstraite : 22 % des vélos qui circulent sur la ViaRhôna sont des VAE, soit près de 570 000 cyclistes concernés chaque année selon le rapport Inddigo 2023.

Une ombre bienvenue… mais encore fermée

À ce jour, la ViaRhôna reste fermée à la circulation sur cette portion. Les travaux sont terminés, les essais techniques sont en cours, mais une déviation reste en place pour les cyclistes. La réouverture officielle est prévue le 1er août 2025, selon la CNR et les autorités locales.

À la reprise, on retrouvera la même voie verte, le même tracé, mais avec une particularité de taille : un toit solaire au-dessus de la tête, discret, mais bien présent. Cette portion du tracé, très exposée au soleil, bénéficiera enfin d’un abri temporaire en pleine chaleur ou quand il pleut. Et même si aucune borne de recharge n’est encore prévue, le potentiel est là. Un jour, ces installations pourraient aussi servir à recharger son VAE à l’étape.

Rien à voir avec la route solaire de Tourouvre

Le projet Ophelia s’inscrit dans un contexte où l’on reste méfiant face aux grands effets d’annonce. En 2016, la « route solaire » de Tourouvre, dans l’Orne, avait fait sensation. Mais avec des panneaux intégrés dans la chaussée, rapidement dégradés, bruyants et peu efficaces, le projet s’est soldé par un échec. Il est aujourd’hui démoli.

À Caderousse, rien de tout ça. Ici, les panneaux sont suspendus, pas roulés. On reste sur une technologie classique d’ombrières, éprouvée sur les parkings, simplement transposée au-dessus d’une voie verte. Le choix est plus sobre, plus simple… mais aussi bien plus réaliste.

Caderousse n’est pas un cas isolé. Ailleurs aussi, les pistes cyclables deviennent productrices d’énergie. En Corée du Sud, une piste de 8,8 km entre Daejeon et Sejong est couverte de panneaux solaires depuis 2014. En Allemagne, à Fribourg, un abri solaire de 300 m a été installé au-dessus d’un itinéraire cyclable proche d’un stade. Aux Pays-Bas, plusieurs portions de pistes sont équipées de panneaux au sol ou en toiture légère.

Mais à chaque fois, le principe est le même : utiliser des axes cyclables dégagés, bien exposés, pour produire de l’énergie sans occuper de nouveaux terrains. Une approche que la France explore encore timidement… mais qui pourrait s’accélérer.

Et si d’autres pistes suivaient ?

Le site de Caderousse servira de laboratoire à ciel ouvert jusqu’en 2028. L’idée est d’évaluer la résistance de l’installation, ses performances, et surtout sa capacité à être reproduite ailleurs. Et le potentiel est là. Selon une étude menée pour la CNR, 2 800 kilomètres de véloroutes françaises pourraient accueillir ce type d’ombrières photovoltaïques. De quoi imaginer, demain, des itinéraires entiers capables de produire de l’énergie tout en accueillant les cyclistes.

Rouler à l’ombre, sur une piste qui alimente le réseau électrique national… c’est peut-être le futur. À Caderousse, il a déjà commencé.

 

* Méthodologie de calcul : la production annuelle annoncée (1,4 million de kWh) a été comparée à la consommation moyenne d’un foyer hors chauffage (2 000 kWh/an) et à celle d’un vélo à assistance électrique (environ 20 kWh/an pour 4 000 km). Ces ordres de grandeur permettent de mieux visualiser le potentiel énergétique de l’installation.

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