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Vers la fin du vélo électrique tel qu’on le connaît ?

Actus Électrique
Par Thibaut,  publié le 21 avril 2025 à 19h11.
Actus

Vélos électriques Lild Crivit Urban

L’Europe prépare une réforme qui pourrait transformer certains vélos électriques… en scooters. Et tout basculer pour les cyclistes.

Imaginez devoir immatriculer votre vélo, porter un casque homologué et souscrire une assurance comme pour un scooter. C’est ce qui pourrait arriver à des millions d’utilisateurs de vélos électriques si la nouvelle réglementation européenne franchit la ligne. En coulisses, les tractations s’intensifient pour éviter un basculement réglementaire qui menace l’essence même du vélo électrique. Le match est lancé : préserver l’ADN cyclable du VAE ou le voir relégué au rang des cyclomoteurs.

Le vélo électrique menacé de requalification ?

En France comme ailleurs en Europe, le vélo à assistance électrique s’est imposé comme l’outil idéal pour réconcilier mobilité douce et modernité. Pas besoin de permis, ni d’assurance dédiée, ni même d’immatriculation : tant qu’il respecte les critères fixés par le règlement européen 168/2013, un VAE reste juridiquement un vélo. Et c’est justement ce cadre que la Commission européenne s’apprête à revoir.

Vélo classique VS vélo électrique : lequel fait faire le plus de sport ?

Ce changement inquiète. Car si la nouvelle définition durcit les critères techniques, certains modèles de VAE pourraient basculer dans la catégorie des cyclomoteurs. Conséquence directe : obligation d’homologation, assurance spécifique, port du casque homologué, voire interdiction sur certaines voies cyclables. Bref, un bouleversement complet pour les cyclistes comme pour les fabricants.

Une réglementation floue qui ouvre la porte aux excès

Aujourd’hui, pour être considéré comme un vélo, un VAE ne doit pas dépasser 250 W de puissance nominale continue et son moteur doit se couper au-delà de 25 km/h ou dès que l’on arrête de pédaler. Ce cadre a permis le développement massif du marché, tout en gardant une logique de mobilité active.

Mais dans les faits, la puissance de crête de nombreux moteurs grimpe bien au-delà. Certains modèles atteignent 600, 700 voire 850 W. Et les technologies évoluent vite. Des moteurs surpuissants comme le DJI Avinox séduisent les amateurs de VTT électrique ou de gravel, avec une promesse simple : grimper plus vite, plus longtemps, plus fort. Résultat : la frontière entre VAE et cyclomoteur devient floue.

L’Allemagne monte au créneau, la France observe

C’est de l’Allemagne qu’est venu le signal d’alarme. Le ZIV, principal syndicat allemand de l’industrie du cycle, a proposé un nouveau cadre technique pour éviter un durcissement global de la réglementation. Ses propositions ont été soutenues par la fédération européenne Conebi.

L’idée ? Préserver le statut de vélo pour les VAE… à condition de fixer des règles plus claires. Puissance de crête limitée à 750 W, rapport d’assistance maximum de 1 pour 4, et un poids total inférieur à 250 kg pour les vélos à deux roues. Ces critères garantiraient, selon eux, que le cycliste reste acteur du déplacement et que l’expérience reste « vélo-compatible ».

En France, les acteurs suivent le dossier de près. Pour l’instant, aucune position officielle du gouvernement, mais les industriels, les associations comme la FUB ou les représentants des collectivités commencent à s’inquiéter.

Une alerte pour les adeptes du VTT électrique

Le sujet ne concerne pas que les citadins ou les vélotafeurs. Le monde du VTT électrique (ou VTTAE) est en première ligne. Ces dernières années, la course à la puissance a poussé les marques à proposer des moteurs toujours plus performants, au point de brouiller la distinction entre effort et simple traction motorisée.

Un moteur électrique adaptée pour les VTT, les gravel et les vélos urbains

Des marques comme Bosch, Specialized, Mahle ou Fazua – toutes présentes au sein du Think Tank d’E-Mountainbike Magazine – commencent à s’interroger. Car si la réglementation change, les modèles les plus puissants pourraient devenir illégaux sur les sentiers… ou exiger des homologations spécifiques. Et ça, ce serait un véritable tremblement de terre pour les pratiquants comme pour les fabricants.

Les vélos cargos pris en étau

Autre victime collatérale possible : le vélo cargo. Dans sa proposition, le ZIV limite le poids total à 300 kg pour les VAE à plusieurs voies. Problème : de nombreux modèles professionnels, utilisés pour la logistique urbaine ou par des familles nombreuses, dépassent déjà ce seuil.

Vélo cargo biporteur

En France comme en Allemagne, les acteurs de la cyclologistique appellent à ne pas appliquer cette limite de façon rigide. Ils demandent une prise en compte de la norme européenne DIN EN 17860, en cours de finalisation, qui prévoit des critères spécifiques pour ces vélos utilitaires.

Car si les cargos sont reclassés, c’est tout un pan de la transition écologique des villes qui risque de se retrouver sur le banc de touche.

Une bataille technique, politique… et symbolique

Derrière ce débat très technique se joue en réalité une question politique : le vélo électrique est-il encore un vélo s’il devient trop puissant ? Et surtout : veut-on d’une mobilité douce… motorisée ?

Les partisans d’une régulation stricte plaident pour préserver la simplicité et l’accessibilité du VAE. Ceux qui s’y opposent redoutent un coup d’arrêt à l’innovation et une exclusion injuste de certains publics – personnes âgées, handicapées, parents avec remorque ou utilisateurs de tandems.

Un point d’accord toutefois : sans clarification rapide, la situation actuelle risque d’exploser. Si l’UE ne tranche pas, chaque pays pourrait réinterpréter les règles. Et les cyclistes, eux, se retrouveraient dans une jungle réglementaire incompréhensible.

Et maintenant ?

La Commission européenne doit présenter sa nouvelle proposition dans les mois qui viennent. Les lobbies sont déjà à l’œuvre, et les négociations s’annoncent tendues. La France, pays champion de la croissance des ventes de VAE ces dernières années, devra bientôt choisir son camp.

Faut-il brider les moteurs pour préserver le vélo tel qu’on le connaît ? Ou adapter la réglementation pour accompagner l’évolution des usages ? Une chose est sûre : ce qui se joue aujourd’hui à Bruxelles impactera directement la façon dont on pédalera demain.

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