À partir du 1er août 2026, Saint-Étienne inaugure un tout nouveau parcours permanent dédié à l’histoire et à l’évolution technique du vélo.
Quand on utilise son vélo tous les jours pour aller travailler, on ne prête plus forcément attention à la mécanique complexe qui s’active sous nos coups de pédales. Pourtant, la bicyclette a une histoire riche, intimement liée au développement industriel français. Pour remettre ce patrimoine en lumière, le musée d’Art et d’Industrie de Saint-Étienne ouvre un nouveau parcours permanent sobrement intitulé « Vélo, moteur d’innovation », accessible à partir du 1er août 2026.
Saint-Étienne, la véritable capitale française du cycle
Si aujourd’hui le marché du cycle est largement mondialisé, il ne faut pas oublier le rôle historique de la région stéphanoise. Véritable capitale française du cycle pendant des décennies, Saint-Étienne a vu naître un savoir-faire unique mêlant artisanat de pointe et innovations industrielles.
C’est cet héritage que l’exposition cherche à valoriser. Le parcours revient sur l’âge d’or de la bicyclette et la naissance de manufactures locales de légende, à l’image des célèbres ateliers Manufrance. L’occasion de comprendre comment l’industrie locale s’est structurée pour diffuser le vélo à grande échelle à l’international.
De la draisienne de 1817 aux vélos électriques urbains
Pour nous, cyclistes passionnés, le vrai point fort de cette exposition réside dans la richesse de la collection présentée. Le musée présente plus de 150 objets et œuvres. On y retrouve évidemment les ancêtres de nos vélos actuels, comme une draisienne originale datant de 1817 ou le fameux vélocipède à pédales Michaux de 1867. Les amateurs de belles mécaniques anciennes pourront d’ailleurs baver devant quelques pièces d’exception aux noms poétiques : « La Superbe » (1891), « La Passe-Partout » (1897) ou encore « La Souplette » (1912).
Mais le musée ne s’arrête pas au siècle dernier. Le parcours fait intelligemment le pont avec nos usages actuels, en abordant les dernières innovations en matière de mobilité urbaine, notamment l’essor des vélos électriques et des vélos pliants qui peuplent aujourd’hui nos pistes cyclables.
Une approche concrète et interactive pour les passionnés
Ce qui est particulièrement intéressant avec ce nouveau parcours, c’est la volonté de sortir du format « musée poussiéreux ». Fini de simplement regarder des cadres derrière une vitrine. Le musée propose de mettre les mains dans le cambouis (ou presque) : les visiteurs sont invités à manipuler et soupeser différents matériaux qui ont fait l’histoire du cadre de vélo, du bois traditionnel aux alliages modernes comme le titane ou le carbone. On y trouve même des maquettes interactives à faire avancer pour bien comprendre comment la force du mouvement est transmise.
Le vélo comme outil d’émancipation
Enfin, et c’est un point que nous défendons souvent sur Guide Vélo : la bicyclette n’est pas qu’un simple bout de métal sur deux roues. L’exposition rappelle à juste titre que le vélo a été, et reste, un formidable vecteur d’émancipation sociale. Que ce soit pour offrir de la mobilité aux classes populaires d’hier ou pour désengorger nos villes aujourd’hui, le deux-roues a toujours eu un impact sociétal fort.
Et si vous êtes amateur de patrimoine industriel, profitez-en pour jeter un œil à l’exposition photographique « Les villes travaillent », organisée en parallèle du 3 novembre 2026 au 15 mars 2027. Elle explore les liens entre la ville, le paysage et l’industrie.