[Test] Gibus 16 pouces : le vélo enfant 4-6 ans léger et vraiment adapté

On a testé le vélo Gibus 16 pouces. Parcours d'achat, montage, prise en main, usage… Voici notre verdict après plusieurs mois sur la selle.
Après un test concluant du modèle 14 pouces à l’Expo du Vélo, Juliette passe à la taille supérieure. Cette fois, pas de prêt média, pas de mise en scène : un vrai achat pour Noël, une vraie réception à domicile et des premières sorties en attendant les beaux jours et que la petite testeuse grandisse un peu. Le Gibus 16 pouces, toujours aussi léger et bien pensé, tient-il ses promesses dans la durée ?
Gibus, le vélo préféré des enfants… qui parle aussi aux parents
Chez Gibus, on ne se contente pas de concevoir des vélos pour enfants. On pense aussi aux adultes qui les achètent. Dès le premier contact, la marque française se démarque par une approche attentive et transparente. Le site internet est clair, bien documenté, avec un vrai effort pour guider le choix de la taille, présenter les composants, expliquer les partis-pris. Et si une question reste en suspens, on peut l’envoyer directement à la marque. Et c’est l’un des fondateurs lui-même qui nous répond. C’est ce que j’ai fait pour vérifier si le 16 pouces convenait à Juliette, qui était pile entre deux tailles. Réponse rapide, précise, et surtout honnête. Pas de promesse inutile, mais un échange direct, comme on aimerait en voir plus souvent.

Gibus ne vend pas seulement un vélo, il propose une expérience. Et cette expérience commence dès l’achat. Une fois la commande passée, tout est fluide : suivi de commande, messages de confirmation, anticipation de la livraison. Ce souci du détail, on le retrouvera ensuite dans le montage, puis dans l’usage. Mais dès cette première phase, on comprend que Gibus parle aux parents autant qu’aux enfants. Et qu’ils ont compris qu’un bon vélo, c’est aussi un vélo qu’on choisit bien.

Un montage en 30 minutes, une finition soignée
Le carton est arrivé dans les temps pour Noël, bien protégé, sans excès de plastique. À l’ouverture, tout est à sa place, avec une notice claire et bien pensée. En une trentaine de minutes, le vélo était monté. Pas besoin d’être bricoleur : les outils de base suffisent et son fournis, les étapes sont logiques, et même avec une petite copilote dans les jambes (curieuse mais pas très utile), l’assemblage se fait sans stress. La notice rappelle celles d’Ikea, avec ses schémas lisibles et ses consignes simples. Seul point de vigilance : un petit réglage à affiner sur les freins après coup.

Une fois monté, le vélo confirme la bonne impression de départ. Le cadre en aluminium est léger et rigide, les soudures sont propres, les composants bien choisis. Les leviers de frein tombent naturellement sous les doigts, le carter de chaîne est discret mais efficace, et les pneus offrent un bon compromis entre accroche et polyvalence. On retrouve aussi un limiteur d’angle de braquage, qui évite les retournements de guidon brutaux. Un détail précieux pour éviter les chutes inutiles. Enfin, on a des fixations pour un porte-bidon, ce qu’on ne retrouve pas sur les modèles de grandes surfaces.

Le Gibus 16 pouces possède un limiteur d’angle de braquage
Chaque élément semble avoir été pensé pour répondre aux besoins réels d’un enfant. Et ce n’est pas un hasard : Gibus indique avoir développé le vélo avec l’aide d’une ergothérapeute et testé les prototypes avec des dizaines d’enfants. Le tout est conforme à la norme ISO 8098, qui encadre la conception et les essais des vélos pour jeunes enfants. Une finition sérieuse, qui inspire confiance.
Une géométrie adaptée, un apprentissage plus progressif
Juliette connaissait déjà la maison. Elle avait fait ses premiers tours de roues sur le Drelo de Gibus, la version 14 pouces testée à l’Expo du Vélo l’an dernier. Cette fois, changement de cadre, de posture, de saison aussi : Noël, du froid, et une taille un peu juste au départ. Juliette était encore un peu petite pour le 16 pouces. Mais le 14 devenait trop court. On a donc patienté, le temps que les jambes poussent, pour enfin se lancer aux beaux jours.

La première prise en main a été plus hésitante que sur le Drelo. La position est un peu moins « chopper » que sur le 14 et les pédales moins reculées. Le vélo impose donc une posture plus classique, plus “vélo” justement. Juliette a commencé par pousser le vélo en mode draisienne, ce que la géométrie permet sans problème. Puis, au fil des essais, elle a trouvé ses marques. Il lui a fallu environ une heure pour passer de l’équilibre au pédalage fluide, sans jamais avoir eu recours aux roulettes. Pas d’appréhension, pas de chute, mais une transition plus progressive que sur le modèle précédent.
Ce léger décalage dans la prise en main ne vient pas d’un défaut de conception, mais du fait que le 16 pouces n’est plus un jouet. C’est un vrai vélo, pensé pour accompagner l’enfant dans son autonomie. Et ça se sent dès les premiers mètres.
Un vélo léger et polyvalent, adapté au quotidien
Une fois le coup de pédale maîtrisé, Juliette a pu vraiment profiter du vélo. Et très vite, la différence de confort s’est imposée. Le Gibus 16 pouces se montre agile, stable, facile à manier. Son poids contenu (5,6 kg seulement) joue un rôle clé : l’enfant peut l’enjamber, le relever, le guider sans effort. C’est aussi plus rassurant pour les parents. À titre de comparaison, le 16 pouces de Decathlon pèse presque 3 kg de plus. Ce qui n’est pas négligeable pour un enfant de 15-16 kg.

Les pneus larges et crantés permettent de rouler aussi bien sur le bitume que sur les petits chemins. Le carter de chaîne protège efficacement, sans gêner le pédalage. Le limiteur d’angle évite les embardées, les leviers de frein sont bien dimensionnés pour de petites mains et la béquille en option se révèle vite indispensable. Rien n’a été laissé au hasard, jusque dans les petits accessoires obligatoires : sonnette, catadioptres, éclairage.

Au fil des semaines, le vélo est devenu un vrai compagnon et Juliette en redemande. Et nous, parents, on apprécie de ne pas avoir à gérer un vélo trop lourd, mal adapté ou capricieux. Le Gibus 16 pouces remplit son rôle sans fioriture, avec une fiabilité discrète mais constante.
Un prix élevé, mais une vraie valeur d’usage
À 380 euros, le Gibus 16 pouces se place clairement dans le haut du panier. Pour beaucoup de parents, le réflexe reste Decathlon. Le Discover 500, par exemple, est proposé à 159,99 € mais avec un cadre acier et un poids de 8,4 kg (versus 5,6 pour Gibus). Même philosophie chez Intersport, avec un Nakamura à 159,99 € pour 9,2 kg. Des vélos lourds, peu évolutifs, souvent perçus comme du “jetable” sur deux ans.

Chez Gibus, on paie un cadre en aluminium, une conception centrée sur l’enfant et un vrai travail d’ergonomie. Et ça change tout. À l’usage, le vélo est plus facile à manier, plus agréable, plus sûr. Grâce à sa géométrie, l’enfant peut même utiliser le vélo un peu plus longtemps, 6 mois de plus pour un 16 pouces par exemple. C’est toujours ça de gagné. Et à la revente, il garde une bonne cote. Comme pour le 14 pouces, on a constaté qu’il part rapidement en occasion, souvent à plus de 250 euros. Le marché est là, la demande dépasse l’offre.
Face à lui, les seules alternatives sérieuses sont des marques plus confidentielles ou encore plus premium. L’autrichien Woom propose son modèle 16 pouces à 499 €, ou 529 € en version Automagic à vitesses intégrées. Le belge Bemoov affiche son M16 à 399 € pour 5,7 kg. Gibus reste donc bien placé, avec un produit à la fois abouti, abordable (à l’échelle de ce segment), et soutenu par une démarche transparente.
Acheter un Gibus, ce n’est pas choisir le vélo le moins cher. C’est investir dans un vrai vélo, conçu pour les enfants, pas adapté à la va-vite depuis un modèle adulte. Et cette différence se voit sur le terrain.
