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À quoi sert un équipier ? Réponse : économiser 76 % d’énergie

Utiliser son vélo Sport Tour de France
Par Thibaut,  publié le 21 juillet 2025 à 14h54.
Utiliser son vélo

Protégés par leurs coéquipiers, les leaders économisent jusqu’à 76 % d’énergie. Une nouvelle étude dévoile les secrets aérodynamiques du peloton.

Dans la série Tour de France : Au cœur du peloton, les caméras s’attardent souvent sur ces coureurs de l’ombre qui mènent le train, encaissent le vent, puis s’écartent sans un mot. Leur rôle ? Protéger le leader, parfois au prix de leur propre course. Ce que l’on devinait empiriquement vient d’être confirmé par la science : bien placé dans une formation d’équipe, un coureur peut réduire sa traînée jusqu’à 76 %.

Une étude menée par l’Université Heriot-Watt, en collaboration avec Ansys, met en lumière l’impact décisif des formations collectives sur l’aérodynamisme. Grâce à des modélisations dignes de l’industrie aéronautique, les chercheurs ont comparé les performances de différents schémas utilisés par les équipes du Tour. Résultat : les coéquipiers ne sont pas là pour faire joli, mais pour économiser des watts. Beaucoup de watts.

L’art de bien se placer pour économiser de l’énergie

Dans un sport où chaque effort compte, les équipes cyclistes ont depuis longtemps compris que le placement dans le peloton n’est pas qu’une affaire de confort. C’est une question de survie sur trois semaines de course. Rouler dans la roue d’un coéquipier permet de réduire la résistance de l’air, mais à quel point exactement ? Jusqu’ici, les chiffres manquaient.

C’est là qu’intervient l’étude menée par l’Université Heriot-Watt avec le soutien de la société Ansys, spécialisée dans les outils de simulation numérique. En modélisant plusieurs configurations de course, les chercheurs ont démontré qu’un coureur bien abrité dans une formation collective pouvait réduire sa traînée aérodynamique de 60 à 76 %, selon la formation adoptée. Une économie d’énergie qui peut faire toute la différence quand on attaque le Galibier ou qu’on prépare un sprint massif.

Etude aérodynamique d’un peloton par Heriot-Watt et Ansys

La formation en train : priorité absolue au leader

Contrairement à une idée reçue, la fameuse file indienne n’est pas la plus efficace pour protéger un coureur. Si l’objectif est de préserver le leader au maximum, quel qu’en soit le prix pour les équipiers, la formation en train reste imbattable. Concrètement, cela signifie que deux binômes de coéquipiers ouvrent la voie, côte à côte, avec le leader placé juste derrière. Résultat : on atteint une réduction de traînée record de 76 %.

Ce type de formation n’est pas nouveau, mais il est désormais validé scientifiquement. Elle est souvent utilisée dans les étapes de transition, les longues lignes droites balayées par le vent, ou pour ramener un leader dans le peloton après une chute ou un incident mécanique. Et si elle mobilise beaucoup de monde, elle permet surtout d’économiser énormément d’énergie pour celui qui doit faire la différence plus tard. Mais ce niveau de protection a un coût : les quatre coéquipiers absorbent une traînée plus importante que dans les autres configurations, et leur énergie s’épuise vite.

Etude aérodynamique d’un peloton par Heriot-Watt et Ansys

La formation en diamant : la configuration la plus équilibrée

Si la priorité est de faire avancer l’équipe vite et efficacement, la formation en diamant se montre très efficace. Dans cette configuration, deux coureurs se placent côte à côte à l’avant, un troisième juste derrière, et le leader ferme la marche en position centrale. Résultat : une réduction de traînée de 38 % pour le coureur protégé… mais aussi une baisse de la traînée pour tous les autres membres de la formation.

C’est ce point qui rend cette configuration unique : chaque coureur bénéficie d’un gain aérodynamique, y compris ceux qui roulent devant. Contrairement au triangle inversé à trois ou au train de cinq, qui sollicitent beaucoup les équipiers pour préserver le leader, le losange permet de rouler vite à plusieurs sans sacrifier personne.

Pour les équipes qui veulent protéger leur leader sans exploser le collectif, c’est un atout stratégique majeur. D’autant plus que, selon les simulations, cette formation pourrait aller plus vite que la file indienne traditionnelle tout en restant plus stable.

Etude aérodynamique d’un peloton par Heriot-Watt et Ansys

Adapter la formation à chaque situation de course

Bien sûr, tout cela ne fonctionne que dans un monde sans vent latéral, sans bordures, sans chaos de début d’étape. « Le nombre de coéquipiers nécessaires et la configuration adoptée dépendent toujours de la situation de course en temps réel », explique Frédéric Grappe, directeur de la performance chez Groupama-FDJ. « L’objectif est de ramener le leader dans le groupe en réduisant l’effort au maximum et en évitant les accélérations, qui sont très énergivores. »

Autrement dit, les formations optimales sur le papier doivent s’adapter aux réalités du terrain : le profil de l’étape, les adversaires, les aléas de course. Dans un final de sprint, le train de lancement prend toute sa dimension. En montagne, le leader se contente parfois d’un ou deux lieutenants, placés stratégiquement pour l’abriter sur les premières rampes avant de le laisser s’exprimer.

Une validation scientifique des tactiques intuitives

Ce que cette étude apporte, au fond, c’est une confirmation chiffrée de ce que les directeurs sportifs appliquent depuis longtemps, parfois à l’intuition ou à l’expérience. L’utilisation de la simulation numérique permet ici de visualiser les flux d’air, de comparer les schémas et d’anticiper des scénarios.

« Cette analyse fournit des informations précieuses à discuter avec l’équipe avant la course », résume Frédéric Grappe. Et au-delà de la performance pure, elle montre que le cyclisme d’aujourd’hui se joue aussi dans les données, la modélisation, les logiciels venus de l’aéronautique.

L’image romantique du leader solitaire s’efface peu à peu. Derrière chaque victoire, il y a souvent une formation bien huilée, une science du placement… et quatre équipiers qui ont tout donné pour que leur leader garde les jambes fraîches.

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Le Récap
  • L’art de bien se placer pour économiser de l’énergie
  • La formation en train : priorité absolue au leader
  • La formation en diamant : la configuration la plus équilibrée
  • Adapter la formation à chaque situation de course
  • Une validation scientifique des tactiques intuitives
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