Release Layer System élève le niveau de protection des casques vélo

Cette technologie britannique inédite divise par quatre le risque de commotion en cas de chute. Et les premiers casques équipés signent déjà les meilleurs scores chez Virginia Tech.
Dans bien des accidents à vélo, le danger ne vient pas seulement du choc. Il vient de la manière dont la tête tourne, violemment, après l’impact. Cette rotation, souvent négligée, est pourtant l’une des principales causes de commotion cérébrale. Face à ce risque, les technologies existantes tentent depuis quelques années d’apporter des réponses, avec plus ou moins de succès. Mais une nouvelle approche pourrait bien rebattre les cartes. Développée au Royaume-Uni, elle s’appuie sur une idée aussi simple qu’ingénieuse : désolidariser une partie du casque au moment de l’impact. Et les premiers résultats la placent déjà tout en haut du prestigieux classement Virginia Tech.
Comment fonctionne le Release Layer System ?
Contrairement aux technologies internes comme MIPSou WaveCel, qui créent un léger glissement entre la tête et le casque, le Release Layer System agit à l’extérieur. Il repose sur une idée mécanique finalement assez simple en permettant à une partie de la coque de se libérer au moment de l’impact pour détourner l’énergie de rotation.

Concrètement, la surface externe du casque est découpée en panneaux reliés par une fine couche adhésive et un réseau de micro-roulements en polycarbonate. En cas de choc oblique, la force dépasse un certain seuil. La colle cède, les roulements entrent en action et le panneau concerné se détache légèrement pour rouler sur la surface du casque. Ce mouvement libère l’énergie de rotation au lieu de la transmettre directement à la tête.
Le tout se joue en quelques millisecondes. Et à la différence des systèmes à glissement limité, comme MIPS ou SPIN, RLS permet une rotation multidirectionnelle bien plus fluide, grâce à une friction jusqu’à 1 000 fois plus faible. Le système ne cherche pas à bloquer le choc, mais à le laisser s’échapper ailleurs que dans le cerveau.
Des résultats impressionnants validés par les tests
Une promesse technique, aussi ingénieuse soit-elle, ne vaut pas grand-chose sans validation indépendante. C’est justement ce qui fait la force du Release Layer System. Le système a été testé en laboratoire selon des protocoles stricts, dans plusieurs configurations de casque : urbain, route et VTT. Les résultats parlent d’eux-mêmes.
Lors des tests indépendants réalisés par le laboratoire ICube de l’Université de Strasbourg, les casques équipés de RLS ont montré une réduction moyenne de 57 à 66 % de la vitesse de rotation, selon les zones d’impact. Le gain le plus marqué a été observé en cas de choc frontal, avec une réduction atteignant 85 % sur certains modèles. Ce type de rotation est précisément celui qui provoque les commotions cérébrales les plus fréquentes.
En termes de probabilité de traumatisme crânien, les casques traditionnels affichaient un risque moyen de 64 à 68 %. Les modèles équipés de RLS sont descendus à 9 à 22 %, selon la configuration. Autrement dit : un risque divisé par quatre, avec des écarts encore plus nets sur les impacts les plus critiques.

Les performances ont ensuite été confirmées par le très respecté classement Virginia Tech Helmet Ratings. Les premiers casques équipés de cette nouvelle technologie se sont hissés à la première place de leur catégorie. Il s’agit du Canyon Deflectr Trail dans les casques VTT et du Hexr Miden dans les casques urbains. Une performance rare pour une technologie aussi jeune.
Une technologie née dans les labos de Hexr
Derrière le Release Layer System, on retrouve l’équipe britannique de Hexr, une jeune marque déjà connue pour ses casques sur mesure imprimés en 3D. Mais ici, il ne s’agit pas d’un design disruptif ou d’un nouveau matériau. RLS est une technologie à part entière, conçue pour s’intégrer à différents types de casques, quelle que soit leur forme, leur usage ou le fabricant.
« On voulait créer un système qui ne se contente pas de glisser un peu, mais qui libère vraiment l’énergie au bon moment, dans toutes les directions », expliquent les ingénieurs à l’origine du projet.
L’idée de départ est née d’un accident de test. Un prototype de casque s’est brisé d’une manière inattendue en laboratoire. Les données enregistrées ont montré une baisse spectaculaire de la vitesse de rotation. L’équipe a creusé cette piste, et fini par développer un mécanisme reproductible avec des panneaux mobiles, des billes en polycarbonate et une couche adhésive conçue pour céder à un seuil précis.
Une technologie prometteuse et bientôt sur le marché

Avec le Release Layer System, la protection contre les commotions entre dans une nouvelle phase. Les résultats sont là, validés en laboratoire comme dans les classements les plus exigeants. Reste maintenant à voir comment cette technologie va se diffuser.
Les premiers casques équipés sont attendus dans les mois à venir. Le Canyon Deflectr Trail est annoncé pour cet automne. Le lancement du Hexr Miden est quant à lui prévu courant 2026. D’autres suivront peut-être. Car si la promesse se confirme sur le terrain, difficile d’imaginer que les grandes marques restent à l’écart. Le système est breveté, mais son intégration reste ouverte. À condition d’y voir un intérêt, les constructeurs pourraient bien s’en emparer. Et tirer la protection des cyclistes vers le haut, une bonne fois pour toutes.
