À l’occasion de la rentrée scolaire, la FUB lance une campagne pour remettre les jeunes en selle.
Passer au collège, c’est souvent décrocher du vélo. Ce n’est pourtant pas le manque de motivation qui freine la pratique, mais l’insécurité et l’absence d’infrastructures adaptées. Pour inverser la tendance, la FUB mise sur les ados. Avec sa campagne La Vélo Vibe, la fédération met à disposition des écoles, des familles et des assos un kit de mobilisation gratuit pour encourager les trajets à vélo… et exiger un cadre sécurisé.
Pourquoi les ados décrochent du vélo
Ils étaient nombreux à pédaler à l’école primaire… mais au collège, les vélos disparaissent. Dès la 6e, la pratique s’effondre, alors même que 81 % des collégiens vivent à moins de 20 minutes à vélo de leur établissement scolaire, selon la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB). En cause ? Des abords d’école saturés de voitures, des infrastructures inadaptées, des itinéraires jugés dangereux. Résultat : sept parents sur dix s’inquiètent à l’idée de laisser leur enfant aller seul au collège à vélo.
Ce décrochage n’est pas sans conséquences. Moins de vélo, c’est moins d’autonomie pour les ados… et moins d’activité physique. Selon l’OMS, les 11-17 ans devraient bouger au moins 60 minutes par jour. En France, 73 % d’entre eux n’atteignent pas ce seuil.
À cela s’ajoute une réalité bien connue dans les petites villes : quand le vélo disparaît, la voiture prend toute la place. Le ballet des “parents taxis” aux heures de pointe devient la norme, avec son lot de stress, de bruit, de pollution et d’accidents. 44 % des accidents d’enfants surviennent sur le trajet domicile-école et 58 % sont causés par des voitures mal garées.
La Vélo Vibe : un kit prêt à l’emploi pour les écoles et les assos
Pas besoin de tout inventer : la FUB a déjà tout préparé. Avec La Vélo Vibe, elle propose un kit complet à destination des établissements scolaires, des associations locales, mais aussi des collectivités qui veulent enclencher une dynamique vélo autour des ados.

Le kit école proposé par la FUB
Le kit est entièrement gratuit et disponible en ligne. Il rassemble des fiches action à imprimer ou projeter en classe, des outils pédagogiques pour mener des ateliers, des supports de communication et même quelques goodies pour faire vibrer l’événement. Objectif : outiller celles et ceux qui veulent agir, avec des formats légers et facilement activables.
On y trouve par exemple :
- une enquête mobilité pour mieux comprendre les habitudes des élèves,
- des idées d’ateliers d’auto-réparation,
- un mode d’emploi pour lancer un vélobus,
- des jeux, quiz et défis écomobilité,
- des affiches, flyers et pancartes à afficher dans les écoles ou à distribuer localement,
- des modèles de présentations, de projections de films ou de séances de remise en selle.
Et pour celles et ceux qui veulent aller plus loin, le site propose aussi des bannières pour les réseaux sociaux, des signatures mail et un logo à apposer sur les supports. Tout est prêt, il ne reste plus qu’à s’en emparer.
Un message aux collectivités : le collège, levier pour une ville plus cyclable
Derrière La Vélo Vibe, il y a aussi une note de position claire, co-signée par la FUB et l’Association des Petites Villes de France (APVF). Son message : le collège peut devenir un point de bascule pour repenser la mobilité au quotidien, à condition de créer un environnement propice.
Car les ados ne demandent qu’à pédaler. Ce qui coince, c’est l’environnement. Routes trop rapides, stationnement vélo inexistant, trajets perçus comme dangereux… La FUB invite les communes à prendre ce sujet à bras-le-corps, avec des mesures simples, éprouvées, peu coûteuses :
- instaurer des rues scolaires pour limiter le trafic aux abords des établissements,
- élaborer un Plan de Déplacements Établissement Scolaire (PDES) en concertation avec les familles, les assos, les directions,
- installer du stationnement vélo sécurisé,
- ou encore soutenir les projets pédagogiques liés à la mobilité.
Certaines communes s’y sont déjà mises. D’autres attendent un déclencheur. La rentrée peut jouer ce rôle, à condition que les élu·es s’en saisissent. « Les parents ne laissent partir leurs enfants à vélo qu’à certaines conditions de sécurité. Notre priorité, c’est de les rassurer », rappelle Benjamin Dumortier, maire de Cysoing et membre du bureau de l’APVF.
Avec La Vélo Vibe, la FUB donne un vrai coup de pouce à celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes. À nous tous de transformer l’élan de la rentrée en déclic durable pour la pratique du vélo chez les jeunes.

