Les journaux régionaux se lancent dans l’événementiel vélo

Anjou Vélo Vintage
Derrière la Mad Jacques ou l’Anjou Vélo Vintage, un nouvel acteur veut peser sur la scène vélo : EBRA Sports, né dans les coulisses de la presse.
Ils sont partout sur Instagram. Affichent complet chaque année. Et transforment des coins de campagne en terrain de jeu pour cyclistes en quête d’aventure. La Mad Jacques Vélo et l’Anjou Vélo Vintage ne sont pas de simples rendez-vous décalés : ce sont deux machines bien huilées, pilotées aujourd’hui par EBRA Sports, la nouvelle marque événementielle du groupe de presse régional EBRA. Oui, celui qui édite Le Dauphiné, L’Est Républicain ou Les DNA. Et s’il fallait désormais compter sur les médias pour réinventer nos virées vélo ?
Deux événements vélo très différents… mais un même moteur
D’un côté, des costumes rétro, des vélos anciens, du Saumur pétillant et des haltes gourmandes dans les vignes. De l’autre, un week-end sous tente, des checkpoints en pleine campagne, et des cyclistes lancés sur les petites routes avec carte, boussole et sacoches. Sur le papier, rien ne relie vraiment l’Anjou Vélo Vintage et la Mad Jacques. Et pourtant, ces deux événements phares de l’agenda cycliste sont aujourd’hui réunis sous la même bannière : celle d’EBRA Sports, le nouveau pôle outdoor du groupe EBRA.
L’ambition est claire : structurer une offre événementielle qui ne se limite pas à relayer les rendez-vous locaux dans les colonnes du Dauphiné Libéré ou des Dernières Nouvelles d’Alsace. « EBRA Sports est un levier de développement qui renforce la capacité du Groupe à créer des événements sportifs fédérateurs, festifs et populaires », souligne Anthony Choumert, directeur général d’EBRA Events. En clair : passer de l’article au terrain.
La Mad Jacques, ou l’aventure façon véloroute
Lancée comme une expérience de micro-aventure décalée, la Mad Jacques Vélo est devenue un phénomène. Cinq éditions sont encore prévues en 2025, dont la prochaine aura lieu ce week-end. Chaque fois, le principe reste le même : une immersion de trois jours à vélo, avec étapes, checkpoints, rencontres locales et bivouac, le tout couronné par une “fête du village” géante à l’arrivée. Le ton est volontairement décalé, mais l’organisation est bien rodée.

La Mad Jacques – Crédit photo : Alexandre Leroy
En moyenne, les participants parcourent 60 km par jour, découvrent un territoire à travers des haltes soigneusement choisies (monuments, artisans, producteurs), et prolongent leur séjour sur place. Le profil des cyclistes ? Plutôt jeunes (31 ans en moyenne), mixtes (53 % de femmes), et très engagés dans les pratiques outdoor. Selon les données partagées, chaque édition représente plus de 1 000 nuitées, et génère un retour économique estimé à 8,5 € pour chaque euro investi localement.
Ce n’est donc pas un simple événement fun : c’est un moteur de fréquentation touristique. Et un partenaire précieux pour des territoires comme la Normandie ou la Véloscénie, qui y voient une vitrine dynamique et accessible de leur offre vélo.
Anjou Vélo Vintage, le charme rétro qui cartonne
Dans un tout autre style, l’Anjou Vélo Vintage joue la carte du patrimoine, du terroir et de la nostalgie. Organisé fin juin à Saumur, l’événement attire chaque année plus de 11 000 participants, venus de toute la France – et bien au-delà – pour rouler en vélo ancien et tenue d’époque. Cinq parcours sont proposés, de 30 à 105 km, ponctués de ravitaillements festifs et de haltes gourmandes. Le centre névralgique, c’est le village vintage : 140 exposants, deux scènes musicales, 14 000 m² d’ambiance rétro assumée.

Anjou Vélo Vintage
Mais derrière l’esprit guinguette, les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’impact économique sur l’hébergement local dépasse 1,3 million d’euros. L’événement renforce non seulement l’attractivité du territoire saumurois, mais il séduit aussi une population large et intergénérationnelle, là encore bien au-delà des amateurs de vélo pur et dur.
Une stratégie événementielle locale… et à impacts positifs
En créant EBRA Sports, le groupe de presse structure désormais ses activités autour de six univers : aventure, running, vélo, marche, dogfriendly et corporate. Une trentaine d’événements sont concernés, répartis sur tout le territoire, avec un ancrage affirmé dans les régions couvertes par les titres du groupe (L’Est Républicain, Le Progrès, Le Bien Public, etc.).
Mais surtout, EBRA ne court pas après les grandes messes sportives médiatisées. Le choix est assumé : privilégier des formats à taille humaine, bien implantés localement, capables de générer des retombées concrètes pour les territoires. Pas de village partenaire XXL, pas de naming tape-à-l’œil, mais des checkpoints dans des fermes locales, des hébergements chez l’habitant, et des événements pensés pour tisser du lien.
« Participer à un évènement de référence moins loin, plus souvent et autrement, telle est la promesse d’EBRA Sports », affirme le groupe. Une promesse qui s’accompagne d’engagements tangibles : suppression des bouteilles plastiques, partenariats avec la SNCF pour encourager la mobilité douce, dossards écoresponsables, et collecte des déchets récompensée. Sans oublier des temps d’échange sur le climat, la santé ou le vivre-ensemble, glissés dans le programme.
« Nos événements sont vécus, partagés, racontés », résume Annabel Kam, directrice du développement. Dans cette logique, le vélo a toute sa place. Il incarne cette approche hybride entre pratique sportive, exploration douce, tourisme durable… et récit collectif. Pour un groupe de presse, difficile de rêver mieux.
