Parler en roulant, prévenir d’un danger ou juste écouter sa musique : avec ces deux nouveaux casques, Sena connecte les cyclistes sans leur boucher les oreilles.
Tenir une conversation à vélo, c’est souvent mission impossible. Entre le vent, le trafic et les copains qui roulent trop loin, on finit par crier ou abandonner. Déjà bien implanté dans l’univers moto, où l’intercom est devenu un réflexe, Sena applique aujourd’hui son savoir-faire au vélo avec deux casques connectés, les S1 et U1, et un kit intercom, le BiKom 20. Tous trois primés aux iF Design Awards.
Deux casques pour deux usages, un même système intercom
Sena complète sa gamme vélo avec deux modèles bien distincts : le S1, pensé pour les sorties sportives et les pelotons, et le U1, plus adapté aux déplacements urbains ou aux trajets du quotidien en VAE. Leur point commun : un système de communication intégré qui permet de discuter à plusieurs dans un rayon de 1200 mètres grâce à la technologie Mesh Intercom, déjà éprouvée dans le monde de la moto.
Le son est transmis via des haut-parleurs placés juste au-dessus des oreilles, pour ne pas bloquer les sons ambiants. Contrairement aux écouteurs intra-auriculaires interdits par le Code de la route, ces casques permettent donc d’écouter de la musique, de répondre à un appel ou de discuter avec d’autres cyclistes tout en restant à l’écoute du trafic. Le micro intégré filtre les bruits parasites, ce qui permet de parler en roulant sans hurler, même à bonne allure.
Le S1, un casque route connecté et plutôt léger
Le modèle S1 s’adresse clairement aux cyclistes de route. Avec son design profilé et son poids contenu (340 grammes), il remplace avantageusement l’ancien R2 Evo de la marque. En plus de l’intercom et du Bluetooth 5.2, il embarque un feu arrière intégré qui s’allume automatiquement grâce à un gyroscope, un plus pour la visibilité.
Côté portée, Sena annonce jusqu’à 1,2 km en terrain dégagé, avec la possibilité d’étendre ce rayon en reliant plusieurs utilisateurs en chaîne. L’autonomie grimpe à 16 heures en usage intercom seul, un peu moins si l’éclairage est activé en continu. Niveau prix, le S1 est affiché à 249 €. Reste un bémol : l’absence de technologie de protection avancée comme le MIPS, pourtant devenu un standard sur de nombreux casques haut de gamme à ce niveau de prix.

Le U1, un casque plus urbain… mais plus lourd
Plus massif, le U1 vise clairement les utilisateurs de vélos électriques ou les cyclistes du quotidien. Il est certifié NTA 8776, une norme néerlandaise plus exigeante en matière de protection pour les VAE. Il reprend les mêmes fonctions que le S1 (intercom, Bluetooth, micro, haut-parleurs, feu arrière) mais affiche un poids bien plus élevé : 560 grammes.
Le casque est vendu en deux tailles et deux coloris, avec une petite visière intégrée pour limiter l’éblouissement ou les projections. L’autonomie annoncée est de 12 heures en intercom seul, un peu moins si l’éclairage est activé. Pour le prix, comptez 219 € pour ce casque connecté U1.

Le BiKom 20, un kit audio pour casque existant
Pour celles et ceux qui veulent garder leur casque actuel, Sena propose une alternative : le BiKom 20. Ce petit module audio de 20 grammes vient se fixer sur la jugulaire du casque et permet d’accéder au réseau intercom Sena sans changer d’équipement. Proposé à 169 € en noir ou en blanc, il embarque un micro rabattable, des haut-parleurs, et se recharge en 2h30 via USB-C pour une autonomie de 8 heures.
C’est une solution intéressante pour tester le système sans investir dans un nouveau casque. Mais elle reste à évaluer en conditions réelles : le micro étant plus exposé au vent, la qualité sonore pourrait en pâtir. Sena fournit aussi un support pour fixer le kit à une casquette ou à un bandeau, notamment pour une utilisation en randonnée.

Un système qui fonctionne… si tout le monde est équipé
La promesse est séduisante, mais elle suppose une condition simple : que chaque cycliste du groupe soit équipé d’un casque Sena ou d’un module BiKom 20. Faute de quoi, le système perd tout son intérêt. Impossible, en effet, de communiquer avec un cycliste qui n’est pas intégré au réseau intercom.

Dans un peloton de club, un groupe d’amis bien équipés ou une équipe de coursiers, la solution peut faire mouche. Elle permet de prévenir immédiatement d’un danger, d’adapter le rythme sans attendre un carrefour ou tout simplement de rouler sans se couper du reste du groupe. Mais pour une utilisation plus ponctuelle ou individuelle, l’intérêt reste limité sauf pour les adeptes du télétravail à vélo ou les parents qui suivent leurs enfants.
On attend maintenant les premiers retours terrain pour savoir si la promesse tient vraiment dans la durée. Mais une chose est sûre : sur le papier, Sena vient combler un vrai manque dans l’équipement cycliste. Et si la communication devenait enfin un vrai outil de sécurité ?