VAE non conformes : l’UESC tire la sonnette d’alarme sur le marché français

Alice Herbault
5 min de lecture

Le vélo à assistance électrique séduit toujours les Français, mais un problème inquiète la filière. L’Union des Entreprises Sport & Cycle (UESC), dans un communiqué du 26 février, alerte sur des vélos vendus comme VAE sans respecter la réglementation, posant des questions de sécurité, d’information des consommateurs et de concurrence.

Des vélos électriques non conformes de plus en plus nombreux

Le constat dressé par l’Union des Entreprises Sport & Cycle est préoccupant. Après un recensement des marques commercialisées en France en 2025, l’organisation professionnelle estime que près de 8 % des vélos électriques vendus sur le marché français seraient aujourd’hui non conformes à la définition légale du VAE. L’étude menée par la filière a également permis d’identifier 125 marques proposant des produits présentés comme des vélos électriques sans respecter les critères réglementaires.

Dans de nombreux cas, ces vélos sont commercialisés sur des places de marché en ligne ou par des vendeurs installés hors du territoire national. Les non conformités observées concernent souvent des moteurs bien plus puissants que la limite autorisée. Certains modèles peuvent atteindre 1000 voire 2000 watts, ce qui les rapproche davantage de véhicules motorisés que de simples vélos électriques.

Les professionnels pointent également la présence de poignées d’accélération permettant d’avancer sans pédaler, ou encore de systèmes de double motorisation. Autant d’éléments qui sortent clairement du cadre réglementaire du VAE.

Un autre chiffre interpelle particulièrement la filière. Selon l’UESC, 94 % des produits non conformes identifiés sont des fatbikes, une catégorie de vélos électriques qui connaît un fort succès ces dernières années.

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Ce que dit vraiment la loi sur les VAE

La réglementation européenne et française est pourtant très claire sur la définition d’un vélo à assistance électrique.

Pour être considéré comme un VAE, un vélo doit respecter ces principaux critères : 

  • L’assistance ne doit fonctionner que lorsque le cycliste pédale.
  • La puissance du moteur ne doit pas dépasser 250 watts.
  • L’assistance doit se couper automatiquement lorsque la vitesse atteint 25 km/h.
  • Respecter la norme EN 15194 et les obligations d’information du consommateur.

Si l’un de ces critères n’est pas respecté, le véhicule ne peut plus être considéré comme un vélo à assistance électrique au sens de la réglementation. Il entre alors dans la catégorie des cyclomoteurs ou des véhicules motorisés.

Des risques bien réels pour les cyclistes

Dès qu’un vélo dépasse les limites fixées pour les VAE, il change de statut juridique. Il peut alors relever des catégories L1e-A ou L1e-B définies par la réglementation européenne pour les deux roues motorisés légers.

Cette distinction n’est pas anodine car elle entraîne des obligations très différentes. Contrairement à un vélo classique, ces véhicules doivent être homologués, immatriculés et assurés. Leur utilisation peut également nécessiter des équipements spécifiques et certaines règles de circulation différentes.

Le problème est que beaucoup d’utilisateurs n’en ont pas conscience. La présence de pédales entretient souvent la confusion et donne l’impression qu’il s’agit simplement d’un vélo électrique. Dans les faits, certains usagers circulent donc sans immatriculation, sans assurance et parfois sans équipement adapté, alors même que leur véhicule peut atteindre des vitesses bien supérieures à celles prévues pour un VAE.

Pour la filière, cette situation pose un véritable enjeu de sécurité routière, autant pour les cyclistes eux-mêmes que pour les autres usagers de la route.

Comment vérifier si son vélo électrique est conforme

Face à cette situation, l’Union Sport & Cycle appelle à davantage de vigilance, notamment lors de l’achat d’un vélo électrique.

Plusieurs éléments simples permettent déjà de vérifier si un vélo correspond bien à la définition d’un VAE. La puissance du moteur doit être limitée à 250 watts et l’assistance doit s’interrompre lorsque la vitesse atteint 25 km/h. Il est également important de vérifier que l’assistance fonctionne uniquement lorsque l’on pédale. La présence d’une poignée d’accélération permettant d’avancer sans pédaler doit immédiatement susciter des interrogations.

Dans le doute, privilégier un revendeur spécialisé reste souvent la solution la plus fiable. Les professionnels du vélo à assistance électrique connaissent les exigences réglementaires et commercialisent des vélos homologués pour le marché européen.

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L’alerte lancée par l’UESC rappelle finalement une chose simple. Le vélo électrique est devenu un outil de mobilité essentiel pour de nombreux Français. Mais pour que son développement se fasse dans de bonnes conditions, il est indispensable que les règles soient respectées par tous, fabricants, distributeurs et utilisateurs.

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Alice pratique le vélotaf au quotidien avec son VAE. Elle aime aussi partir rouler pour le plaisir lors de sorties sportives. Sur Guide Vélo, elle partage ses conseils et ses découvertes autour du vélo du quotidien, de l’équipement et des pratiques accessibles à tous.