Pour ses 10 ans, la start-up grenobloise dévoile deux moteurs inédits et relance la bataille du vélo électrique intelligent.
Dix ans après sa création, eBikeLabs a décidé de marquer les esprits. Moteur urbain léger, cargo boosté, logiciel universel de diagnostic… la pépite grenobloise, connue pour son système eBikeOS, sort l’artillerie lourde avec deux nouveaux partenariats. Et si le futur du vélo à assistance électrique venait du logiciel ?
Deux moteurs pour deux visions du vélo
Le premier partenaire s’appelle Moving Magnet Technology (MMT). Peu connu du grand public, ce spécialiste franc-comtois de l’électromagnétisme venu du secteur auto a développé un moteur urbain qui coche toutes les cases des vélotafeurs exigeants : couple élevé, faible poids, freinage régénératif et même antivol intégré. Le tout en restant en mode moyeu, ce qui laisse plus de liberté aux fabricants. Grâce à eBikeOS, ce moteur promet une assistance fluide et naturelle, avec un couple de 70 Nm pour seulement 2,5 kg. Des chiffres qui rivalisent avec les moteurs centraux les plus puissants du marché… pour moitié moins de poids.
Autre approche avec Virvolt, spécialiste français de l’électrification. Ensemble, ils ont conçu un moteur orienté utilitaire, le Virvolt 2000, pensé pour les vélos cargos. Ici, pas de course au gramme, mais une réactivité maximale pour gérer le poids, les côtes, les arrêts fréquents. C’est la marque Shwette Bicyclette, installée dans les Pyrénées, qui s’impose comme vitrine de ce nouveau moteur avec un longtail pliable aussi malin que puissant. À la clé : un cargo au tarif raisonnable mais qui se comporte comme un haut de gamme.
Un OS vélo pour tous… et surtout pour les marques
Derrière ces deux annonces, c’est toujours le même moteur invisible : eBikeOS, le logiciel maison d’eBikeLabs. Compatible avec plusieurs types de moteurs et de batteries, ce système fait le lien entre les composants et la route. Son vrai pouvoir ? Il remplace l’usine à gaz électronique par une couche logicielle qui gère tout : assistance, démarrage, antivol, diagnostic, connectivité.
C’est justement cette dernière brique qui a été dévoilée en avril : un outil de diagnostic universel. Une première dans un secteur où chaque marque développe son propre logiciel maison, souvent incompatible avec les autres. Résultat, les réparateurs s’arrachent les cheveux, les vendeurs renâclent à gérer des SAV multi-marques, et les cyclistes paient la facture. Avec cette plateforme, eBikeLabs veut faciliter la maintenance tout au long du cycle de vie du vélo, lutter contre l’obsolescence, et offrir une alternative aux systèmes fermés de Bosch, Shimano ou Yamaha.
Un pari français dans un monde verrouillé
À l’heure où les géants verrouillent leur écosystème de bout en bout, eBikeLabs joue une autre carte : celle de l’ouverture. Un OS modulaire, des partenariats industriels ciblés, et des fonctions avancées dopées à l’intelligence artificielle. La société grenobloise parie sur des vélos plus simples, plus sobres, et pourtant plus malins. Mode Auto, boîte de vitesses logicielle, aide au démarrage, réduction du bruit… tout est pensé pour que le cycliste oublie qu’il roule sur un vélo électrique. Mais pas qu’il oublie de pédaler.
Avec cette approche, eBikeLabs cible un créneau bien précis : celui des vélos urbains design et intelligents. Ce n’est pas un hasard si son système équipe déjà quelques start-up françaises comme Éclair, Vefaa ou North Cycles. Des marques encore confidentielles, mais qui pourraient bien devenir les champions du smart bike made in France.
La suite s’annonce électrique
Après une année 2024 mouvementée, marquée par un conflit juridique avec Cowboy, eBikeLabs revient dans la lumière avec une stratégie claire : ne pas tout faire, mais tout faire mieux. Son logiciel ne vise pas à concurrencer Bosch ou Brose sur leur terrain, mais à offrir aux nouvelles marques une alternative sérieuse, personnalisable, et moins coûteuse.
À l’heure où les VAE deviennent toujours plus complexes, la start-up grenobloise pousse dans l’autre sens : moins de composants, plus d’intelligence. Et si l’avenir du vélo passait par le cerveau, plutôt que par les muscles ?

